Mirage addict

Publié le 26 Juillet 2017

               Je ne sais pas si on peut  arrêter de fumer si on a pas toutes les cartes en main.  personnellement ça fait des dizaines de fois que j'essaie.

 

Je ne sais pas si celle ci sera la bonne, ce n'est pas le plus important, enfin la cigarette n'est pas vraiment le problème en fait.  Mais que ce soit ce mode là de remplacement qu'on ait choisi n'est pas une bonne chance de réussite.

 

Il y a deux éléments :

Le fait de prendre  quelque chose, un substitut

Le fait que ce soit la cigarette

 

On ne sait rien de ce qui va se passer quand on arrête la cigarette, pour ma part personne ne m'avait avertie.

 

Je l'ai découvert au fur et à mesure de mes tentatives .

 

On peut encore moins s'en rendre compte lorsqu'on utilise des techniques extérieures pour arrêter.

 

Pour beaucoup d'entre nous, (je parle du nous générique, nous autres humains) nous avons besoin d'aide pour affronter la vie.

Non pas qu'elle soit difficile à affronter pour tous,  c'est  une question de positionnement personnel (et  de contexte...) face à notre part d'existence .

 

Très idéalistes, nous pensons que nous sommes pétris d'appétit et d'enthousiasme à l'aube de notre vie, que le bébé naît sans ombres, mais que les ombre s'accumulent au fur et à mesure qu'il grandit, par l'affrontement aux autres et aux difficultés extérieures.

 

En réalité , et nous le savons  également, nous naissons avec nos fées, mais aussi avec nos démons.

 

Le tabac est arrivé en France en tant que plante médicinale, elle a des propriétés anti douleur  et anxiolytiques, entre autres.

Ça je l'ai appris en fouinant sur internet car comme fumer est le mal, aucune des occurences des premières pages sur le sujet ne vous en parlera en bien. 

 

Donc lorsqu'on arrête de fumer, il y a plusieurs étapes :

La plus facile, je trouve, c'est gérer le manque des premiers jours,  la décision est toute fraîche et notre volonté aussi.

On se rend tout de même compte qu'on dort moins bien, sinon mal, qu'on se réveille plus tôt, qu'on mange plus, et souvent du sucré.

Au bout de 15 jours,  d'autres phénomènes se rajoutent: 

Pour moi, ça a été des coups de pompes monumentaux, et surtout, les premiers moments de redécouverte de mes démons.  C'est à dire des instants, parfois des moments, parfois des journées, de désespoir total, profond, insoluble, inexplicable.

 

Sur certains forum, vous verrez des témoignages de personnes qui disent avoir pleuré tous les jours.

 

Donc à ce moment là , si on n'est pas au courant, on craque, car la seule chose au monde qui peut nous sauver, c'est de fumer . Et ce n'est pas qu'une illusion.

 

Si on savait, on continue, courageusement,  et on va commencer à avoir quelques  très belles surprises,  des journées de forme splendide, l'odorat, le merveilleux odorat qui vient nous donner les clés de paradis olfactifs..

 

Et surtout la sensation de revenir se connecter avec soi, honnêtement, réellement.. et librement.

 

 

J'en suis à mon je ne sais combientième essai,  mais c'est la premiere fois que les choses m'apparaissent aussi clairement.

 

Pourquoi nous enfermons nous avec une addiction?

Je pense que c'est simplement pour nous fuir nous même, fuir nos démons,  

Fumer représente plusieurs choses, au delà du simple geste social.

Il représente une récompense, certes,  mais aussi un arrêt sur image. une pause stop sur la vidéo.

Chaque cigarette nous met en retrait de la vie et de nous-même, comme si on sortait du champs, comme si on devenait simplement spectateur.

 

Cela correspond à la façon dont nous voulons appartenir au monde: comme des participants à un jeu de société, libre de s'en écarter à tout moment si on en ressent le besoin.

C'est comme si la vie était une rivière et que nous ressentions le besoin de rejoindre la berge pour observer le flux.

Mais pourquoi?

je pense que ça rejoint la sensation qu'on a quand on perd ses parents.

 

Lorsque jai perdu ma mère, 10 ans après mon père.  le désespoir avait la forme de : à quoi bon.

J'avais perdu mes propres spectateurs. Nos parents sont notre public permanent , approbateurs ou non, mais toujours présents , inaliénablement présents:  on est jamais seuls.

 

Nos compagnons, enfants, amis ne remplissent pas ce rôle, ils sont sur la même île que nous, pas nos parents.

 

La cigarette est comme cette terre ferme  quelque part qu'on rejoint dès qu'on se sent perdu.

 

Mes démons ils sont là :  la peur de la perte du sens,

C'est comme une eau noire au fond de moi, que je ne peux pas affronter,  

 

Je ne veux pas, je ne peux pas la reconnaître alors qu'elle voisine avec ce sentiment de merveilleux que j'ai aussi face à la vie.

 

                                                                                     ************

 

Cela fait maintenant 1 mois et demi

 

L'équilibre est fragile, mais j'entraperçois l'acceptation.  Et une sorte de fierté d'être nue devant ce que je suis, de ne pas mettre de protection à regarder la réalité.  Un peu moins de peur.

 

A suivre....

 

 

 

Anne

Rédigé par Planeth

Commenter cet article

yesroll 31/07/2017 12:07

Bonjour et j'espère que tu tiens bon.

J'ai arrêté moi aussi récemment, le lundi de Pentecôte il y a presque deux mois.
Deux soirées avec une rechute légère et sans lendemain.
D'abord, je n'avais pas le choix (on m'avais promis sinon une bouteille à oxygène à proche échéance).
Et puis une amie thérapeute pouvait m'aider.

Alors j'ai repris ce qui avait fonctionné les arrêts précédents.
Choisir une date et s'y tenir, faire un grand ménage dans la maison, moins voir les gens qui fument,
Savoir que l'envie violente qui débarque de temps à autre ne dure que très peu de temps, donc soit tenir farouchement, soit trouver un substitut (boire sans alcool, bonbon, fruit...)
Au total, un peu la feuille de route de l'OMS .
http://www.ladepeche.fr/article/2017/05/31/2585110-journee-mondiale-sans-tabac-huit-conseils-pour-arreter-de-fumer.html

Et surtout associer à cette une relation affective : la fois d'avant c'était arrêter avec mon amie de l'époque et ça avait marché pour chacun de nous, c'était efficace de s'entraider. Et cette fois ci, j'ai fait une sorte de transfert sur ma thérapeute, l'arrêt du tabac a bien fonctionné. *stopper le transfert est un peu douloureux par contre.

Pour les inconvénients, le fait de mal et de peu dormir est le seul inconvénient qui me gène vraiment, pas spécialement en soi( je récupère du temps et de l'énergie), mais cela provoque une somnolence les après midi. Danger au volant.

Voilà, il y a aussi une dimension de défi, je veux être plus forf que les combines foireuses de l'industrie du tabac. Et les aspects positif sur les odeurs, on est à la bonne saison...