Publié le 30 Mars 2007

    Bon déjà je suis toujours assez émue, impressionnée, traqueuse quand je vais écrire un billet, mais là en plus c'est pour parler du dessin, enfin de ma façon de dessiner, et là je m'aperçois que c'est encore plus difficile.

     En fait je me suis rendue compte , que depuis que je peins vraiment, c'est à dire depuis que je pousse le bouchon le plus loin possible sans me préoccuper de savoir si ça plaira , plaira pas, sera vivable ou pas, je dessine différemment.
   Là, je dois faire des illustrations  sur un sujet qui ne me parle pas forcément, et la mise en place de mes personnages se fait de façon très curieuse.
   J'ai l'impression d'avoir compris un truc: mon crayon sait faire, il faut juste que je le laisse libre, et que je lui donne le temps de faire.
Si je dessine lentement, il suit un cheminement qui est bon à 80 %, alors qu'avant je commandais ma main, et lui faisais recommencer plusieurs fois la scène, la silhouette, le trait; comme si pour m'assurer(me rassurer!), il fallait que je cerne la zone plusieurs fois. Là, mon trait part , tout seul, il sait où il doit aller, je laisse faire son instinct, je ne sais même pas si mon cerveau a quelque chose à y voir.

Du coup j'en ai un énorme plaisir, comme de croquer dans un gros éclair au café tout frais . Mon plaisir n'est plus simplement intellectuel, anticipé sur : "ah je vais faire un zouli dessin", plaisir souvent déçu, mais sur : "ah quel délice de tracer ces traits là, justes et précis"

Ca ne fait pas de moi une super dessinatrice de course, mais simplement quelqu'un qui s'attable à son bureau avec énormément de gourmandise et d'impatience..

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Publié le 28 Mars 2007

 

Number 4,
 Lui aussi c'est un cas, déjà être le quatrième garçon, c'est pas de la tarte . Je ne vous fais pas un dessin, on n'est pas dans les séries américaines où y a tout plein d'enfants et c'est tout plein merveilleux.. Là, on était plutôt dans la configuration paternelle:   "Pu..., une famille, c'est boulet.."Enfin je traduis.

Or donc une enfance épanouie au sein d'une famille formidable a poussé ce roseau plein de promesses vers un avenir spirituel , quelques retraites, un certain charisme, je dirais même plus un charisme certain, un amour immodéré pour la mayonnaise, et un savoir faire méditatif et litanique hors pair...C'est presque un homme public puisqu'on peut avoir à faire à lui lors de stages au centre bouddhiste de Dhagpo.

On a dû jouer pas mal ensemble même si seulement quelques bribes me reviennent, des histoires de cabanes, et surtout des circuits de petites voitures dans les aiguilles d'if (c'est une merveille les aiguilles d'if pour faire des circuits, c'est très fin).
Sinon, des colères noires, je dirai plutôt des accès de rage, et puis le calme faussement serein du volcan, voilà à quoi il me faisait penser. Quand il me dit qu'il travaille ses démons, et que c'est parfois difficile, je n'ai pas de mal à le croire, mais le résultat est qu'il n'est plus un volcan qui menace d'exploser, mais plutôt un morceau de paysage ensoleillé, et qu'il fait bon le rencontrer..

 

  exemple d'intervention:


Samedi 26 et dimanche 27 mai 2007
Qu'est-ce que l'esprit ?

Lama Dordjé Puntso

Le sage bouddhiste indien Saraha a dit : « Le chemin ne sera jamais parcouru par un esprit artificiel ». Mais qu'est-ce que l'esprit ? Il est ce qui connaît, ce qui nous permet d'expérimenter les choses. Cependant, la nature véritable de l'esprit est au-delà des idées qu'il projette. Lama Dordjé Puntso, partant de l'aspect confus et limité de la conscience, nous montre la dimension éveillée de l'esprit. De la conscience partielle à l'esprit de sagesse, tel est le chemin enseigné par le Bouddha.

- Ouvert à tous, accessible aux débutants
- Frais de session : 10 € / jour

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Boîte à souvenirs

Publié le 26 Mars 2007

Hum, enfin à la demande générale de Lilie....je vais montrer mon frère...

Bon en fait j'en ai quatre, mais ils ne sont pas jaloux. Enfin je ne crois pas,  la dernière fois, en .. 1832, je crois, ça c'était bien passé entre nous... donc à la prochaine rencontre... en 2078, ça devrait le faire.On risque pas de se disputer, voyez. On est ce qu'on appelle une famille super unie.Pas une journée sans s'appeler, sans s'envoyer un petit mot sympa, pas un mois sans se voir... Re-hum, ça se voit que je fabule, là?

Depuis qu'on est z'orphelins eux et moi, l'élastique a lâché carrément, pi j'suis pas plus forte qu'eux pour réunir tous ces ballons à l'hélium, on se reverra quand on aura 100 ans pour faire le résumé...Pour vous dire comme on est solidaires , j'ai eu des nouvelles de plein de monde depuis la bombinette, mais justement pas d'eux.. c'est top non? ça doit être que je suis totalement insupportable comme soeur, j'ai dû être une vraie chieuse , gamine, okay, j'assume, j'ai dû être par moments une vraie pétasse. Tiens ça me soulage de parler de ça, parce que quand même j'en avais un peu gros sur la patate tout en ayant l'air de rien, ça mine un peu ces petites choses...

Bon maintenant que j'ai vidé ma bile, tadam:

Alors puisqu'on en est aux confidences, çui là dont je ne vous dirai pas le prénom, puis quoi encore pour qu'on me le pique, c'était le héros de la gamine garçon-manqué que j'étais entre 5 et 18 ans  à peu près. Tout ce qu'il faisait était bien, c'était le plus beau, le meilleur, le plus courageux, c'était aussi ce que pensait mon papa, de toute évidence il était assez son préféré  aussi ..Mais ça on ne dit rien à personne n'est-ce pas, c'est secret.

En fait c'est un mec impossible, déprimé chronique, complètement baladeur, peut pas rester en place plus de quelques mois, qui a besoin de couper un arbre chaque jour pour rester en forme, et le reste du temps peut très bien le passer à rêvasser dans un transat. Tout ce qui ressemble à une contrainte le fait fuir, tout ce qui ressemble à quelque chose d'impossible à faire l'attire.

J'espère qu'il écrira un jour ses aventures.Et qu'il les illustrera parcequ'il a un putain sacré  coup de crayon. Il sculpte aussi. C'est un artiste.Sur la photo là-haut il doit être quelque part en Argentine.

Voilà, c'était n°3, je vous ferai le portrait des trois autres, c'est promis.


 

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Boîte à souvenirs

Publié le 25 Mars 2007

   Je hais les changements d'heure.. De quel droit on m'oblige à changer d'heure d'abord? Je veux faire ce que je veux, ça me déplait cette façon de nous faire tourner en bourrique pour le plaisir là, rhâaaaaa! On en a pour deux ou trois jours à s'en remettre les mimis et moi. L'humeur de dogue, ça va être soupe à la réflexion qui tue, au sourcillement indigeste, au frémissement disputal.

Alors, je préviens tout le monde, dès le matin, même la veille si j'y pense, le mieux serait 15 jours avant. Je leur dit à mes mecs: ça va ch..r dans la maison, soyez pas surpris, tout le monde va énerver tout le monde.
On nous jette une heure comme ça dans la figure et débrouille-toi avec. Elle est passée où cette heure,enfin? C'est une heure de ma vie à moi, je la laisse pas partir comme ça!C'est dingue.
En plus y a même rien au cinoche, on aurait pu faire un peu masses flasques cette aprèm, puisque de toutes façons on sera bon à rien, mais non, avec nos pauvres trois petites salles à deux balles, et trois films cons qui se courent après, ça nous mettra encore plus énervé..

Hiiiii! Je viens d'aller baisser sous la cocotte (j'ai fait des légumes en tas, un truc qui ressemble à rien, de toute façon aujourd'hui ça va râler, donc autant en profiter pour vider mes fonds de cageots) il était 11h11 sur la pendule du four, c'est un signe j'en suis sûre , c'est un signe!

Si les extra-terrestres attaquent, ce sera un jour de changement d'heure, c'est couru.

En plus c'est plafond bas, menace flotteuse, (pourquoi ça me plaisait tant la pluie l'autre jour?) la pression atmo doit être flagada.

J'aime bien quand j'ai droit d'être énervée!

J'en trouve toujours plein des excuses: soit c'est la lune qui est mal lunée, ou des oppositions, des carrés, des trucs de ouf là-haut dans mon espace stellaire, l'atmo en dessous de 1000mb, le vent qui s'annonce, que sais-je encore. C'est jamais moi rien que moi qui suis juste de mauvais poil.

En attendant, le changement d'heure, ça c'est une vraie raison, la preuve, je n'arrive pas à bailler, j'ai comme un baillement qui reste coincé entre la 6ème et la 8ème côte, et en plus les gens, y viennent me voir (Ah ça je le sais, hihi, j'ai mes sources) mais y laissent même pas de comm', ça oui c'est une chouette raison d'être énervée, va falloir que je parle un peu de Pénélope Cruz et de strings moi.

Quoi "mal réveillée"?

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Publié le 22 Mars 2007

 

article modifié le 23 à 11h

 

En prenant notre petit thé de l'après midi mon dou et moi, nous papotions . Sur le sens de la vie? Non. Sur sa durée, un peu.
On parlait comme d'habitude de nos mectons, et que grand ainé allait avoir 15 ans l'été prochain.
  "15 ans"! fait mon dou faussement horrifié, "et tu te souviens à la maternité quand je me tenais là comme ça, et sa tête était dans le creux de mon coude et il était si petit. C'est court une vie d'homme.." dit-il.
A quoi je lui réponds avec ma sagesse légendaire (;0)): "Si on n'avait pas de souvenirs, la vie nous paraîtrait sans doute plus longue, aussi faudrait-il préférer ne pas avoir le sentiment du temps qui passe et donc ne plus avoir de souvenirs?

Quel dommage.

Bien sûr parfois nos souvenirs sont si réalistes, si vivants,que notre esprit en déduit qu'ils sont proches et que le temps écoulé depuis n'a pas eu de densité mais c'est faux. Même si certains évènements sont plus marqués dans nos esprits que les petits actes de la vie de tous les jours, on ne devrait pas en tirer comme conclusion que c'est la vie qui passe vite.

Si je feuillette un livre rapidement, je vais sans doute m'arrêter sur certaines pages , mais négliger d'ouvrir le livre depuis le début pour  le parcourir lentement ligne après ligne. Je vais avoir un aperçu très raccourci de l'ouvrage. C'est sûrement un peu ce qu'on fait avec nos propres vies, et qui nous fait dire: comme ça passe vite!

  Je vais faire ma béate, comme ça m'arrive parfois, mais, si on regarde le verre à moitié plein et non à moitié vide on pourrait se dire  que la capacité qu'on a de se remémorer nos souvenirs avec tous nos sens est un don incroyable. Et si on exerçait ce don sur plus de petits micro-évènements, on se rendrait compte que ce temps passé qu'on imaginait si court, est empli à raz-bord, et qu'entre les collines que représentent les évènements marquants, il y a des vallées, de longues plaines avec des centaines de petit lacets, cheminements, pauses, fleurs, étangs, tant de choses à redécouvrir en fouillant un peu sa mémoire, ou en lui faisant plus confiance.

Par exemple, il m'arrive parfois d'être saisie, désemparée, enchantée par une odeur que je renconte par hasard. Ca peut être dans une maison, ou sur le bord d'un chemin, un mélange, une fragrance tout à coup me projette sur un indéfinissable souvenir. La sensation que j'en éprouve alors est un ravissement contemplatif, mais bien-sûr à force d'essayer de retrouver l'origine de ce souvenir, il s'efface, c'est comme tenter d'attraper la queue d'un rêve qui s'en va.  La madeleine de Proust est une des choses les plus universelles qui soit, et la plus troublante. A nous d'exercer ce talent de remémoration, de le peaufiner, de le choyer, afin d'en extraire le maximum d'informations, pour ne pas laisser passer la prochaine fois ce souvenir sensitif, sans parvenir à l'identifier.

Donc oui le temps passe, mais c'est à nous de donner de la valeur à chaque instant, de lui donner un poids, de la substance, d'être là , de nourrir cette encyclopédie qui nous tient lieu de mémoire.
C'est pour ça  aussi que j'aime peindre, ou dessiner, là, le temps est lent et précieux, on ne se laisse pas emporter par le vertige d'accomplir. On accomplit pas, on avance juste à pas menus, sans savoir où sera l'achèvement. Pour moi, ça c'est une source d'éternité.


 

copyright F.Patay

 

Dans cette maison, par exemple il y avait une odeur très particulière de pierre, d'humidité, une sorte de souffle qui nous accueillait quand on ouvrait la lourde porte, et par ailleurs derrière la maison, une forte odeur de buis. Elles sont liées à quelques uns de mes meilleurs souvenirs d'enfance, et lorsque je les rencontre à nouveau par hasard je suis ,comme dirait Harry Potter, "stupéfixée" !

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Publié le 20 Mars 2007

Aujourd'hui c'est la délivrance, la renaissance, c'est grand bonheur...

Aujourd'hui il pleut à verse, le vent souffle, les rafales s'écrasent sur les vitres le ciel est chargé et vivifiant, un vrai temps de breton, j'en ai bien-sûr profité pour aller faire dehors tout ce que je ne fais pas quand c'est grand beau. L'escargot que je suis furète sous les grosses gouttes fraiches, le bois à ranger, les outils qui trainent, etc...

 

Mais surtout , surtout, j'ai aujourd'hui la permission de retrouver mon atelier .

 J'ai fini hier la dernière étagère de mes loulous, les chambres sont faites.                 

Mes deux petits loirs sont installés dans leurs hauteurs et ça me plait, ils ont ce qu'il faut: les tablettes, les petites boites, les rangements ad hoc. Je suis délivrée de ma mission, le poids de "ce qu'il faut faire" est parti, mon ouvrage est fini, fini.. je pourrais danser de joie sous la flotte, mais j'ai bien autre chose à faire. Mon atelier m'attend, je ressors les boites de peinture, les pinceaux tout raides que je mets à tremper dans la térébenthine, les toiles que j'avais amassées-collées dans la cave. Je déplie mon chevalet, réinstalle l'éclairage, qu'il est beau mon atelier, il est fin prêt!

Y a comme une bulle d'air qui explose sous mes côtes, bon sang, ça m'a manqué!

Je l'ai quitté mi-Février, on est le 20 Mars...Il était temps!

 

Signe que c'est vraiment fini: les dernières chutes vont servir à réchauffer la maison

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Vie de famille

Publié le 18 Mars 2007

J'aime bien les buses, les milans, les rapaces en général, mais les passereaux aussi. Bon, cette buse aime beaucoup les chardonnerets visiblement,... comment lui en vouloir?

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Crobartitudes

Publié le 17 Mars 2007

 
 
                                
  Ce texte fait partie d'une série que je mettrai en ligne petit à petit mais qui date des années 1996 à 2000 environ..  

 

 Toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite..

 

                                        Les joies du poney
                
                                        
             Si vous voulez avoir un jour un exemple de l'abnégation de nos moniteurs, de leur patience infinie, de leurs innombrables et louables efforts, allez voir une reprise "poussin", le mercredi matin, au centre équestre le plus proche.
                - Il est onze heures , les "grands" de huit-dix ans dessellent avec la nonchalance et l'aisance des vieux routards. Des mini poneys de toutes les couleurs emmènent d'autorité au manège des cavaliers qui ne toisent  pas beaucoup plus que le mètre.  
   Les petits ont mis pour l'occasion des bottes rouges, vertes, bleues, des bombes qui leur mangent la moitié de la  tête . Ca commence là:
        -M'dame, m'dame! Il veut pas avancer, il mange!
        -Et, le mien! Il a marché sur sa rêne!
        -Mamannn! Il m'écrase le pied! J'veux pas çui là! Il est méchant!               
        -Non, ne le lâche pas, Antoine!  Antoine? Va le chercher, maintenant, aller!  Si si, aujourd'hui tu prends celui là. Il est très gentil, mais il faut le tenir, quand même.
        
        Après avoir récupéré tout son monde, la "monitrice-maîtresse-maman" , la seule du club à laquelle on songe pour ce genre de performance (elle est si patiente) s'enferme avec eux dans le manège partagé en deux pour l'occasion.
Les parents se postent anxieusement à l'entrée, provoquant l'inattention générale des  "poussins". Les caméscopes  sont prêts à bondir sur le scoop familial.
        -Maman! J'ai faim!
        -Maman! J'veux pas en faire! J'veux retourner à la maison!
        -Papa, regardes ce que je sais faire!
 Et le petit Maxime  d'essayer de grimper  sur son tout poilu poney.
        La mono doit aussi faire preuve d'un peu de condition physique, puisque pour finir, elle hisse cinq fois vingt kilos gigotants sur leurs selles.
        -"Charlotte! Attend avant  de partir, tes étriers sont trop longs!
Le temps que Charlotte reprenne ses rênes  en se couchant sur la crinière, qu'elle se les emmêle autour des poignets, qu'elle tire sur l'une d'elle au hasard pour revenir se coller dans le petit groupe, chacun est un peu parti à l'aventure, volontairement ou non.
         Romain martèle le cuir épais de la selle avec ses petites jambes comme des allumettes,  son Lulu serait tout à fait partant  mais il a la tête complètement tournée à droite par un ajustement  de rêne impitoyablement inégal .
        -"Aller, trotte! Trotte!"       
        -"Non, Romain, reviens te mettre au milieu, toi aussi, je vais régler tes étriers."
        -"Mais, m'dame, c'est bien, comme ça, j'suis bien! "  dit Romain qui a les genoux au niveau des mains.
        Au bout d'un petit moment, c'est magique mais les cinq poneys sont bien à la queue leu leu. Un épisode a du vous échapper, mais ce sont les secrets de la mono . Tout va bien, c'est leur troisième leçon. Elle sait qu'il faut être zen.
Peut-être qu'on pourra même trotter, aujourd'hui.
                Une fois là-haut, Antoine a pris comme les autres fois sa tête de cosmonaute. Il est en orbite autour de la mono, mais il ne regarde plus la terre, on appelle ça l'ivresse de l'altitude. Il n'entend plus rien, ne dit plus rien, ne fait plus rien.
         Il regarde sa maman à chaque tour,  et on sent que tout ce qui se passe dans le manège ne le concerne plus vraiment. Il sourit.
        Maman est contente, puisque son petit est bien là-haut. Pour les apprentissages, on attendra un peu, il n'a que quatre ans et demi.
        Il a pris ses rênes en paquet, et tient la selle des deux mains, au pas, on ne sait jamais. Les pieds sont enfoncés à fond dans les étriers, pointés vers le bas, son derrière est repoussé sur le troussequin...Peut-être qu'il faudrait essayer la télépathie pour lui parler.
        Romain-la-terreur-des bacs-à-sable essaye toujours de trotter, mais son Lulu a le nez dans les fesses de Petit Tonnerre, qui lui, est au pas, alors pendant que la mono ne regarde pas, il tire un grand coup sur la rêne gauche : inefficace, elle est dix fois trop longue .
 Alors sa main grignote la longueur de cuir à la vitesse de la souris sur un morceau de gruyère. Ca y est , ça marche,  il va doubler, il double!
        Mais Petit Tonnerre , tel le véhicule moyen sur la rocade, ne SUPPorte pas d'être doublé.  Il accélère à son tour, il va doubler aussi! Il double...Oscar ..qui a son tour...
        
        Et voilà, tout en désordre, il va falloir re-ranger les poneys, tss tss tss. La mono, paisiblement , attend la fin du conflit inter-poneys  pour remettre en l'état.
                Et Antoine , le cosmonaute, au milieu de tout ça!. Heureusement, il avait déjà cramponné la selle, tout son corps tressaute avec le petit trot saccadé du poney, son regard se fait  glauque, il ouvre grand sa bouche, mais rien ne sort.
        Son Petit Tonnerre , en colère, fonce comme un mini bison trapu avec à son bord un petit martien recroquevillé et complètement solidaire du mouvement.
        Ensembles, ils prennent le virage..., ils sont en tête!  Ouf, la monitrice connaît le scénario et les voit repasser au pas avec sérénité:  -"Tout va bien Antoine?"
          Comme maman vibrillonne, inquiète, Antoine assure, et en passant se fend d'un sourire horizontal, juste pour dire. Sa bouche est en papier, sa langue en carton, pas moyen de sortir une parole rassurante à l'auteur de ses jours . Mais il a trotté!
        
        Rassurez vous, tout cela n'a rien à voir avec : "attention des images peuvent heurter les personnes sensibles".  
         Entre les poneys, cela ne va jamais plus loin que des disputes sur "qui sera devant ", la mono les a dressés au sucre et au bisou, ils savent bien  que s'ils font des bêtises, ils n'auront ni l'un ni l'autre à la fin de la reprise. Du reste, si vous êtes resté jusqu'à la fin, regardez bien:   
        -"Bon, maintenant vous allez doubler individuellement et vous arrêter au milieu".
         Les petits cavaliers ne savent pas encore "doubler", encore moins individuellement. Pourtant les cinq poneys sont venus sagement s'arrêter ...tout autour de la mono, le bout de nez levé, les naseaux frémissants, pour un peu ils s'assiéraient!   Comme ils l'aiment à cet instant , la grande bipède avec sa queue de cheval, quand elle gratouille les chanfreins après avoir fait la distribution de
sucres.
 Tout s'achète, même la sagesse des poneys.
 
 

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Rédigé par Planeth

Publié dans #zistoires

Publié le 15 Mars 2007

Cette photo, je l'ai lorgnée, repérée, cajolée pendant longtemps, elle était dans un cadre sur la cheminée chez  maman. C'est sa mère, Germaine et son beau-père, Antoine.

J'aime cette photo, elle est vive, elle est belle, elle est comme un souvenir heureux que je n'ai pas connu, donc forcément plus magique.

Je ne suis pas fétichiste, pas du tout, objets, meubles, c'est pas mon truc, ça me laisse presque indifférente. Mais les photos, elles, me laissent pantoise, indécise, bée ; comme une lame me transperce, une larme, une poussière d'or qui filtre entre des persiennes. Un flot d'odeurs, de sensations m'arrivent en vagues au visage, sous les doigts, je me souviens la peluche un peu raide des vieux fauteuils verts, l'odeur de poussière des tapis, les petites cartouches de laiton qu'on trouvait entre les lames de parquet..

Je suis fascinée par l'instantané qui a 10 ans, 20, 40, il me cloue, il me scotche, il m'aimante, il m'emprisonne, je suis prête à partir avec lui dans le voyage à rebours. C'est indicible, juste des images, des goûts, même pas de sons. Le silence, le silence du souvenir.

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Boîte à souvenirs