Publié le 21 Octobre 2007

          Ces jours-ci mes idées tourbillonnent comme les feuilles du poirier, aussi jaunes, aussi pointues, (il y a sûrement des petites sorcières à chapeau sur leurs dos),

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           L'illustration, je tourne autour depuis tellement de temps, je rôde autour, je la flaire, je la titille du bout du crayon, elle ne veut pas venir à moi. 
Ce que je faisais sur papier était plat, sans saveur, sans odeur. Je laissais ce gros gâteau sur le côté, juste dans le coin de mon regard, ce n'était pas pour moi, certainement. 

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          Il y a quelques années, j'avais fait la même chose avec la peinture à l'huile, elle était devenue une chose terrible, magnifique et absolument inaccessible, je m'étais enfermée dans un petit modèle de griffonneuse artisanale, pas trop d'horizon dans ces eaux là.
          Puis faire des portraits figés comme des pots de mayonnaise m'a tellement fatiguée, tellement rendue nauséeuse que j'ai lâché l'affaire, idem pour les petits croquis séchés vendus à quelques ouvrages spécialisés, un grand baillement m'en a saisi. Ce n'était pas mon histoire.
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Grâce à queques encouragements avisés, je me suis remise à la peinture, reine de mon coeur, et après en avoir bavé des méchantes toiles narcissiques et obscures, un doux petit courant joyeux a enfin réussi à émerger . 
 J'en suis là, depuis même pas quelques mois. 
Oui c'est long de se trouver soi, parcequ'on est juste là , et c'est si encombrant qu'on cherche toujours ailleurs.
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        Or donc et par là même, la tentation de l'illustration est revenue toquer à la fenêtre de mes petites maisons bancales, sous la forme de remarques une fois de plus  avisées et amicales.(Merci aux zyeuteurs attentifs) 

M'autoriser cette chose là, c'est enfin ouvrir la porte de mes maisons, en laisser sortir les personnages et laisser mes mots filer au dessus d'eux, en serai-je capable?
L'air à cet endroit est piquant et glacé comme quand on a gravi une forte pente  en montagne. 
 La tête nous tourne un peu et on a pas encore eu le temps de regarder autour. 
On entend juste le sang qui tape dans les dents. 

J'en suis là.

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Publié le 12 Octobre 2007

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   Le matin, assez tôt, je vais nourrir les juments en vélo.
Je passe par la petite route en face de chez moi, elle est pleine de peupliers énormes qui font frrrrr en ce moment, parce que c'est l'Automne, la lumière est dorée et rasante. 
    Elle serpente: une haie, un grand pré tondu par les brebis, un peuplier dont le tronc est gros comme une petite maison, une grimpette, un virage, on aperçoit la mer, je redescend vers le maquis, je lâche les mains, je secoue la tête, comme quand j'étais gosse, pour sentir les cheveux onduler avec le vent.
   Y a juste la petite trouille de se dire: et si y avait un caillou devant ma roue, sans les mains, je suis cuite.  Je longe la prairie que je vais traverser bientôt. Les brebis m'y attendent, parfois.
   Je pose la bicyclette contre la barrière et fait un petit "mééé": toutes les brebis tournent la tête, et me fixent
avec leur regard étrange. J'en suis presque mal à l'aise. Elles se mettent aussi à faire méééé, mééééé, toutes ensembles. Y a comme un grand mouvement qui s'amorce autour de moi. Elles me suivent pendant que je traverse les sentes humides vers l'Aliso, elle me prennent pour leur gourou? Non juste pour une annexe de berger qui aurait peut-être des trucs dans ses poches, dans des sacs.
   Je disparais sous les branches qui camouflent le ruisseau.

   En fait je me suis laissée emmener, une fois de plus. Ce n'est pas exactement de ça que je voulais parler.
Mais quand je fais ce petit tour du matin, je pense à Gardes, la maison du Lot, toute seule isolée sur sa colline, et moi qui en partait le matin en vélo, vers l'école à 5km de là, j'avais 9 ans, et mes poumons étaient brulés par le cristal de l'air, l'hiver, le givre sur les pierres du chemin, l'ivresse, le soleil qui apparait, la sensation de liberté .

   Les pensées papillons, ce sont celles-là. Tout à coup, ça vient effleurer la conscience, une odeur, une image, elle s'emmêle dans les cheveux, elle repart, on a à peine eu le temps de la respirer. Parfois elles sont poétiques, douces, mélancoliques, parfois elles sont lancinantes, un peu maussades, ou gorgées de chagrin. 
   L'autre jour, j'ai acheté, et depuis longtemps ça ne m'était pas arrivé, une de ces boites de crème dessert Montblanc, hautes et étroites, et depuis, une image papillonne autour de moi: 
   J'ai 14 ans, je fête mon anniversaire avec mon père, tous les deux, sur la grande table de la salle-à-manger. Il m'a acheté tous les parfums de crème Montblanc. je les mange jusqu'à la nausée. Maman n'est pas là, elle est partie en Bretagne car mon frère vient de tomber gravement malade. Image caillou.

   Ou celle-ci: Gardes justement, je viens de rentrer de l'école, mon père est là, il vient pour le week-end, ma mère se tient aussi dehors, il y a quelque chose derrière les jambes de mon père, c'est un chiot, un tout petit coker noir qui frétille de peur et d'excitation.
   Elle se mélange avec celle-là:  Au même endroit, la petit terrasse derrière la maison, la table blanche, ronde, en fer avec les petits trous, ma mère à mon père: "je ne sais pas... j'irai chez ma mère"..."Et les enfants?" dis mon père.

   Les pensées papillons ne sont pas là par hasard, elles cherchent à nous dire quelque chose. Il faut les accueillir avec gentillesse, les laisser se poser sur l'épaule, elles sont comme les petits éclaireurs de notre inconscient qui remue des fatras de pensées dans notre grenier cerveau, elles sont un écho.
  

Peut-être qu'on en avait juste pas fini avec le moment qu'elles rappellent, pas fini d'en pleurer, d'en rire, d'en être émerveillé.

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Publié le 7 Octobre 2007

Bon je vais faire abstinence pendant   quelques temps(combien, oh, combien?), mon ordi me laisse tomber, je suis en invitée sur un autre, j'essaierai de passer vous lire! A bientôt

Edit de lundi soir: ouf ce n'était que l'alimenation, je l'ai déjà récupéré! maintenant c'est le lave-vaisselle qui est en rade, quelqu'un a des formules magiques pour la schkoumoune  matérielle?

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Vie de famille

Publié le 4 Octobre 2007

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     Je ne sais pas comment on vivait aux temps ou le seigneur du coin battait la campagne avec ses gros chiens, ses gros chevaux, et en martyrisant au passage les blés bien tendres du pauvre serf.. 
Les petites gens doutaient-ils de tout? On peut imaginer que pendant un sacré bout de temps, la religion a servi à boucher les trous de l'insatisfaction générale puisque de toute façon, on serait tellement bien au paradis. Et même, plus on était malheureux et brimé sur terre, meilleure serait la place au soleil de l'eden..
 C'était  bien trouvé, huilé à point comme système pour calmer l'insurrection et le raz-le-bol quotidien. Les puissants, quand à eux, sauvaient leur âme vite fait bien fait en distribuant quelques oboles au sortir de l'église. Pas de perdants.

Quelques siècles plus tard, on ne croit (presque)  plus du tout qu'il faut en baver sur cette terre pour mériter quoique ce soit. 
Mais du coup on a beaucoup moins de motifs de supporter les aléas de la vie. Donc beaucoup de raisons d'en trouver les coupables.
Seulement voilà, maintenant qu'on a compris que l'unique intérêt des gros por(cs)tefeuilles de la planète était de s'emplir un peu plus les poches et d'acquérir un peu plus de pouvoir, tout nous apparait voilé d'un prisme assez désespérant . Car où qu'on aille, l'intérêt financier existe et est parfaitement maitrisé.

Nous voilà, belle génération sans guerre et sans reproche, instruite, informée, moderne, internetisée, mais noyée par le doute.
               Nos yeux décillés par les "affaires" quotidiennes sont comme ceux du personnage d'Orange mécanique, obligés de voir l'imposture à tous les étages, les malversations, les perverses maneuvres , et parfois les  machinations assassines.

            " Je doute de tout, la méfiance est mon quotidien, l'esprit critique remplace l'esprit tout court, le cynisme me soulève la lippe sur une canine acérée. Pub je te hais,  politiciens je vous vomis, institutions je vous suspecte..."
Telle devrait être aujourdhui notre profession de foi.

Je ne crois plus à ce que me dit mon médecin, il est visité lui aussi par les volontés cupides des laboratoires, ils ne veulent pas mon bien, juste mon argent. 

Je ne crois plus à ce qu'on enseigne à mes enfants, les pédagogues sont tirés à hue et à dia entre les fantaisies des gouvernants, et les restrictions budgétaires.
Les discours politiques? des berceuses pour endormir les petits enfants que nous ne sommes plus. 

Notre planète est en danger? 
Qui dit une miette de vérité sur ce sujet? L'enjeu est de telle taille, certains se sont déjà dit depuis longtemps: "y a du fric à se faire là-dedans"

Devant nos yeux parfois horrifiés défilent les pages internet. Info ou intox? Notre esprit se gymnastique, compare, s'aiguise, se laissant pourtant prendre , au bout d'un moment car la vigilance s'use et il est si doux de se reposer sur une vérité. 
Demain on reprendra le sac sur lépaule , on remettra en cause ce qu'on a admis la veille, notre esprit ne connait plus de repos, plus de certitudes.

Chaque geste quotidien est un calcul impossible: achèterai-je ce pain? Mais il est fait de tant d'éléments douteux. Boirai-je cette eau? Que contient-elle en réalité?

La terre, elle-même, n'est plus cet élément immuable et fiable à qui on pouvait confier des graines .  

C'est comme cela que nous éduquons nos enfants, nous leur perfusons le doute à gros bouillons, leur apprenons à se méfier des belles phrases, des belles image, le loup se cache parmi les fleurs, ce qui est beau n'est pas forcément bon. Les grands de ce monde ne veulent pas ton bien, mon enfant.





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Publié le 4 Octobre 2007

           En fait j'étais partie pour faire un billet sur le doute, j'en avais un bon paquet de fait dans la tête mais un évènement majeur est survenu que je ne peux vous laisser ignorer, .. le reportage, en images.
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Voilà, c'est fini.


Il y a quelques jours( pleine lune à 6h du mat'):
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Oui je sais, ce n'est pas d'une importance capitale pour le reste du monde, mais ça faisait quand même 5 ans qu'on vivait ensemble, elle et moi, je l'ai honnie, je l'ai haïe..
Sur la première photo, en prime, on voit le car qui emmène Simon au collège(je ne dis plus Mimi, ça l'exaspère)
Dou' me disait: "Mais attends, ils ont rien mis sur la route? Pas un panneau, pas une barrière? Ils sont fous!!"

Cela dit le mec aux commandes, c'est un artiste, j'ai applaudi à la fin.

Qu'est ce que j'aimerais qu'on me file un engin comme ça et un gros truc moche à démolir avec, mmmmm! le pied total!

Bon le billet sur le doute attendra, parceque la peinture me grattouille et si je peins pas j'ai mal au crâne! (si!)

A plus!

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Vie de famille