Publié le 27 Novembre 2009




Ah ben voilà, l'ordinateur n'est plus dans mon bureau, il ne m'est pas dévolu, et du coup, son aspect chronophage perd en puissance!   Et finalement j'en suis bien heureuse... C'est sûr, je vais moins souvent faire des billets, et flâner au long des blogs.. Mais  mes apprentissages en chinois et en MTC y gagneront en régularité.

Et puis, voilà 1 mois que je n'avais pas touché  la peinture, stoppée net par une bonne crise de doute, encombrée de mes toiles invendues, rebutée, troublée, indécise, et voilà que comme un culbuto, j'ai l'impression après bien des oscillations de reprendre un fil, un besoin, un énorme appétit.  Elle ne se laisse pas impressionner par si peu, la belle , elle m'attendait , patiente. J'avais par dépit abandonné mes pinceaux englués de peinture, comme pour les punir, ou pour les(me) tester. Ils sont revenus à la vie ce matin, gentiment sans faire d'histoires et ma palette s'est ranimée, elle aussi.

Pendant ce mois,  j'ai écouté de beaux artistes, certains se heurtent encore à l'indifférence malgré leur  qualité (Usthiax, passé presque incognito dans un petit centre culturel de Toulouse),  d'autres se régalent de l'accueil bruyant et effrené de leur public  (Claire Diterzi, Miossec)    et cette puissance et cette détermination de leur expression me motive elle aussi.


Usthiax, extrait des "belles lettres"



Claire Diterzi

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Rédigé par Planeth

Publié dans #zique

Publié le 16 Novembre 2009


L'autre jour, attrapé quelques bribes d'un film qui raconte la déchéance d'u type qui devient alcoolique et qui perd tout.

Le"tout" est représenté par: un pavillon et son jardin, une femme, un fils, un chien non? sûrement (un golden retriever sinon rien)  et bien-sûr une piscine en devenir.. Donc voilà, ce gars il avait "tout".  Et avec ça un travail  vraiment  intéressant.. je veux dire, sûrement intéressant au niveau salaire...Vendeur de voitures..

Quels étaient , dans les choix qu'il avait fait, les siens véritables?

Je veux dire: le fait d'avoir une famille, une maison et un jardin, une future piscine, deux grosses bagnoles... 

                                                                                        ~~~~~~


Je n'ai jamais su m'habiller... Je ne sais pas d'où ça vient, ou alors il ya a trop de raisons, donc peu importe..
J'avais choisi l'anonymat, la simplicité bourrue: un jean, un polo, un pull, et c'est marre...

Puis avec l'âge on sait pas, un truc se passe, je me mets à me prendre pour une vraie fille, je me regarde dans le miroir, et je commence à avoir envie de me nipper selon mon propre langage...

Pas si simple...

Regardez dans la rue, au pays des déguisements tout faits....
Voilà le style ethnique: admirons la natte, les tissus  en vraie fibre, le style Indi, du bout des bottes jusqu'au bout du bonnet...
 Tiens, là, un ragga.. grosse chtouffe, bonnet mutlicolore, fringues pas rangées,  
Oh le bobo écolo:  joli pantalon en lin bio, ta tunique bicolore est  un mélange de coton bio et de laine bio...tes chaussures sont en cuir bio, très chères.  
Malheureusement, y a moins réjouissant: style supérette ou coiffeuse, bas noirs un peu transparents avec la jupe noire , les bottes noires, le chemisier, un truc ou deux qui brillent, le mascara à donf, l'arrière du crâne choucrouté, noir..le sac à breloques qui font ding ding...

Je pleure..


Lorsque j'ai commencé à oser des trucs vestimentaires, il m'en est venu plein des automatismes: ah ben si je mets ça, faut que je mette ça avec ça fera bien...

C'était mon idée? pas du tout, c'était ce que j'avais vu, dans les magasines, sur les autres nanas, à la télé.. C'était mon désir? nibe..

La vie c'est tout comme ça:    La société  vomit du monde qui met bout à bout des légos de vie comme c'est marqué sur le mode d'emploi,  
Les quarantenaires et  plus qui ont encore un ceveau se réveillent brutalement:  put.... c'est moi ça?  j'ai voulu ça?  Soit ils dépriment et se mettent à picoler , soient ils se suicident, soient ils font des choix... des vrais choix,... enfin ils réapprennent à en faire.

Apprendre à ne plus être d'accord avec tout ce qu'on voit à la télé, dans les journaux, devenir ironique,  se défier, se moquer, chosir de ne pas.. , devenir insoumis, dérailler,  se passer de, choisir, lire tout plein, apprendre que le virtuel c'est casse-gueule, de l'illusion à plein nez mon bon!  Que ce qui n'existe pas n'existe pas, que poser des choses dans un cahier ça dure des siècles,
 un disque dur ça crame en une fraction de seconde;  une vraie photo sur papier argentique , j'en ai de mes grands-parents, les miennes peuvent disparaître àchaque seconde,.. mais j'en ai des milliers...

Faire comme-ci, faire comme ça, oui mais c'est parce que ma mère, mon père, les gens .... , et peut-être si je ne fais pas comme eux, je vais mourir?


Se perdre"... se noyer...  toucher une écorce, courir dans les bois..

Réfléchir, choisir, choisir, choisir


CHOISIR




CHOISIR

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Publié le 16 Novembre 2009




          Voilà, ça devait arriver.. je suis revenue à mes rêves enfantins, ne pas avoir de voiture, rouler en carriole...


Je hais la bagnole.

La bagnole rend les gens  cons, agressifs, imbus, méprisants, électriques, impatients, hideux, orduriers, insupportables.

La voiture fait ressortir la pire part de nous-même.    Notre part obscure, notre part primitive agressive, violente, qui veut DOMINER  l'autre.


Dans le paysage, le trafic génère des incohérences brutales: confronter l'humain tendre de chair et fragile comme une fleur de mimosa à la carrosserie d'un anonyme transformé en tueur potentiel.
Le véhicule a tout les droits, il a un permis de tuer  sur tous les êtres vivants y compris ses congénères, y compris les plus petits, les plus jeunes, les plus fagiles, les plus vieux, les moins alertes, les moins méfiants...

Il y a des traces de sang sur toutes les routes du monde.


       Des jambes arrachées, des bras torturés, des têtes éclatées, fracassées, des entrailles se répandant sur le bitume, des membres disloqués.

Aucun film gore n'a le niveau de  l'ignoble réalité.

Je n'aime plus conduire.

         J'ai été une jeune conductrice enthousiaste, ma coccinelle rouge vif était l'instrument de ma liberté, j'ai roulé trop vite, j'ai roulé sans freins, j'ai roulé dans des voitures qui  n'auraient jamais dû rouler,  j'étais nerveuse, je doublais, j'étais revendicatrice, râleuse, gueularde..;comme les autres..

Puis j'ai eu des enfants, je doublais moins, je ne roulais plus comme si j'avais 100 vies,  je commençais à remarquer le comportement des autres conducteurs, j'ai commencé à avoir peur des autres.

      La révélation, ça a été de prendre le train.. tout simplement, le train, qui me laisse ma place de spectatrice, de contemplatrice du monde, des gens, des piétons qui arrivent tranquillement, qui papotent, qui écoutent de la musique, qui lisent, qui sont si sereins..

       Depuis je suis malade de la voiture, je la prends à regret, les "autres" sont des ennemis sur la route, mon prochain est un tueur en puissance.

        L'autre jour, une grosse berline sombre me suit , immatriculée dans le Gers, je suis sur la 4 voies avec ma petite auto, il y a toute la place voulue pour me   dépasser, mais la grosse bagnole me frôle à quelques centimètres ... je ne sais même pas le klaxonner, je suis tellement héberluée...
Cette haine gratuite? Ou bien cette inconscience? Ou bien cette maladresse? Qui aurait pu nous foutre tous les deux dans la glissière de sécurité?  J'y aurais peut-être perdu mes yeux, mes jambes, et lui  étripé par sa portière pliée ? 
C'est le grand écart de notre société ultra sécuritaire, bardée d'assurances, mais qui laisse  un jeu de la mort-qui-tue, à chaque seconde se dérouler sur le bitume.



Imaginez un instant un pays débarrassé de voitures?   Débarrassé de l'idée qu'il faut absolument aller vite sur un ruban de goudron?
Il y aurait des pistes, des véhicules silencieux et à  vitesse "naturelle" c'est à dire ne dépassant pas ce que l'esprit humain est capable de gérer  ,   allez soyons généreux, 60km/h, et c'est déjà pas mal.

Nos habitudes nous dirigeraient instinctivement vers des transports en commun, qui nous laisseraient libres  dans notre tête, libres d' échanger, de s'instruire, de rire...




Tiens tout à l'heure il y avait encore, gravés dans le bitume, les quelques restes d'un renard..  Je ne compte plus les chats...


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Publié le 8 Novembre 2009

Et dire qu'on a appelé cette beauté  "Chaussette",...   la honte sur nous!!

Je lui trouve une figure de "Salomé", ou d'Agathe"




Quand à ce petit roudoudou que je n'ai pas encore amené à l'école véto, il nous a un petit air de "Tomi", non?

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Vie de famille

Publié le 7 Novembre 2009

           J'ai bien aimé vos commentaires, sur le dernier billet, ils sont pensés,  pas juste des petites phrases pour faire joli, et ça m'apporte beaucoup sur mon chemin à moi. D'ailleurs je les pose ici, tiens, c'est une première mais ça me paraît juste.

Lechalote a écrit:

  • Je suis convaincue que la création se fait par bonds, et "à l'insu de notre plein gré". En clair, si un truc te gonfle, laisse le mariner tout seul, fais autre chose pendant ce temps là, et tu y retourneras d'instinct quand tu seras prête.
  • réponse:
    le pire c'est que je sais déjà vers où j'ai envie d'aller fourrer mon nez, ce qui me rebute c'est de récupérer tout un tas de toiles et de les entreposer dans l'atelier,  le dérisoire de la chose se jette sur moi dans ces cas là, bien-sûr...


JC a écrit:
N'y-a-t-il que l'entêtement dont tu parles qui puisse motiver ta peinture? Ça ne me paraît pas très possible. Remonte à la source de tes raisons d'agir! (c'est transparent et raffraîchissant)
réponse:
Quand  je m'en tiens à une direction , parfois oui, c'est un entêtement, je sais que c'est le hasard qui me surprend qui fait le bonheur, pour moi, de peindre.
Peindre ressemble quand ça va bien, à divaguer, un peu saoûle. Quand ça ne va pas, il y a une volonté dure comme un petit caillou, et là je perds.


Nadège a écrit:
Essaie l'acrylique... Hé hé je plaisante :)
Je connais au combien ces periodes de doute où l'on se sent totalement inutile, les toiles s'entassent aussi chez moi. Ma foi, il n'y a pas grand chose à faire que continuer ce que l'on fait déjà. De toute façon quoi que l'on fasse s'arrêter ou continuer c'est toujours le même bousin.
Tu sais quoi, en réalité tout va bien parce que tu doutes et en cela tu es vivante.
Bon courage, j'aime ton travail subtil et sensible.
réponse:
Merci! Ce qui change si je ne peins pas, c'est que je n'ai plus cet espace libre, c'est comme si le champ d'à côté se fermait dans une palissade.
Pour moi je sais que le croquis est un leurre, un leurre bien élevé.. je feins d'y croire mais ça ne m'apportera jamais autant qu'une mauvaise toile où j'aurais jeté un coup de vent.


Mab a écrit:
Ne connaissant pas affres de la création artistique, je serais bien en peine de te donner un conseil, mais j'aime bien "prendre du recul"

  • réponse:
  • Vi, pi bien obligée, alors, laissons faire! ;0)


Papadeul a écrit:
Attendre un peu? Pourquoi pas! Ta peinture n'est peut-être immédiatement perceptible pour tous. Moi, je l'ai ressentie au premier regard, car elle m'apportait un calme, une sérénité dont j'avais besoin! Il faut du temps sans doutes à d'autres pour s'en rendre compte quand on n'est pas un béotien comme moi qui fontionne à l'intuition!
N'arrêtes pas, elle est belle et nécessaire au moral...
Amitiés.

réponse
Oui mais toi, c'est pas pareil, tu es mon soutien indéfectible, une cheminée bien flammante, quelque part, qui me réchauffe avec ses mots..


Lyjazz a écrit:
Et si tu attendais un peu ?
Parfois les résultats attendus ne sont pas immédiats.
J'ai constaté pour ma part qu'une certaine impatience m'empêchait de passer à autre chose : je pédale longtemps sur le même thème pour essayer de le faire vivre alors qu'il faut que j'aille voir ailleurs....
réponse:
En y réfléchissant , je pense que c'est le signe que je dois changer de support, ça fait longtemps que ça me trotte, les toiles sur cadre me serrent dans les entournures, j'ai envie de quelque chose de moins;...cadré! ;0)

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Publié le 5 Novembre 2009

J'aime assez les moments où je n'ai plus de certitudes .

On appelle ça "se remettre en question" c'est une expression relativement à la mode encore, un peu comme "donne-toi les moyens" était une expression extrêmement usitée et porteuse de sens(sic) à l'époque où j'étais aux Beaux-Arts.
 Il m'aura fallu bien plus de temps pour la comprendre et l'accepter puisque typiquement c'est ce que j'ai du mal à faire, me donner les moyens.
Etre statique dans une conviction, c'est courir le risque d'être dans le stérile, je n'irai pas jusqu'à dire le tricot stérile, hin hin, mais;..

Ma série des reflets ne s'est pas du tout vendue, elle traîne lamentablement dans les deux jolies galeries que j'avais tant convoitées, quel gâchis.
L'actuelle série  ne me convainc pas énormément, je la trouve molle.

Je me suis remise au croquis, et feuilleté avec tant d'appétit quelques carnets de voyages que s'en est assez louche;

J'en arrive au point intéressant pour moi: dois-je continuer coûte que coûte l'huile, comme un petit vélo enfourché avec entêtement ?

C'est encombrant, ça sent fort, ça me prend la moitié de l'atelier.. Ces grandes toiles molles me gonflent.

Cela signifie-t-il que je suis dans une impasse ou juste besoin d'une pause, ou de reconsidérer ce travail sous d'autres formes , d'autres formats?

 

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