Publié le 13 Octobre 2010

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        Il y a en moi un ordinateur trop poli pour être honnête, il feint de ressentir à ma place, de savoir ce qu'il me faut, de choisir pour moi.

Les moyens de m'en débarrasser au moins quelques instants je les connais, peindre  en est un, chanter aussi.

 

Sortir dans la forêt le matin tôt pourrait être le plus direct.  En tout cas c'est dans cette circonstance que je me suis écriée en moi-même ce matin:   Fokçacesse.

 

Si l'on branchait sur mon cerveau un stethoscope spacioluminomental, on entendrait crépiter les fax, les interventions, les traductions, il y a un de ces bazars là-dedans, ça ne s'arrête jamais. Des mots, toujours des mots, des raisonnements, des conclusions des avertissements, des asservissements.. Je suis bardée de mots comme un rôti.

 

Assez habiles, tous ces mots pour se muer en émotions à la demande, mais que vaut une impression passée à la moulinette du raisonnement puis redéguisée en émotion? Je vous le demande? Pas bézef.

 

Je maitrise si peu l'instantanéité du ressenti que même manger , ou respirer est compliqué, D'ailleurs je mange trop, et je ne respire pas assez.

 

Obligée de réfléchir pour respirer, un comble;

De m'invectiver lorsque ma main se dirige automatiquement vers le plat: une fidélité quasi para sympathique au mode de gavage du nouveau-né des années 60.

Rien à faire, mes sens ont beau me hurler: stopppp! Je continue, sourde et muette, quitte à me frapper de rage une heure après, en me traînant comme une baleine échouée.

 

Aussi bien dans les arbres, un élan revient, le footing sage et besogneux se mue en course déglinguée , mes pieds le demandent.  L'immobilisation soudaine et l'écarquillement des yeux au moindre bruit incongru est un réflexe d'animal nu lui aussi.   Ça fait du bien, si pendant quelques secondes je n'ai pensé à presque rien, ou pas tenté d'analyser.. 

 

Les choses m'échappent à tel point que par exemple c'est devant un film inepte que des larmes vont décider de sourdre de moi comme une pluie,  je suis de celles qui peuvent être prises de fou-rires dans les enterrements.

 

Allez , un verre de vin serait un baillon au bavardage interne assez satisfaisant, quoique, de  pragmatique, le discours même devenu hasardeux et effiloché reste  présent vaille que vaille, soyons honnêtes..

Je finirais par tester un second, voire un troisième verre bien qu'il soit source d' ennuis parait-il.  Mais là encore le cervordinateur m'invective et me menace, ma raison raisonne raisonnablement, quel embarras....

Et vous ça va bien?

 

 

 

 

 

 

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Publié le 9 Octobre 2010

 

oct 022

 

 

         L'Automne est décidément la saison la plus inventive, la plus magique, la plus surprenante..

 

Par deux fois déjà j'ai supris le héron s'envolant , du bord de la mare et une autre fois du minuscule chêne qui est au bord de celle-ci, de ma chaise longue je ne l'avais même pas vu.

Seule Chaussette la mal nommée l'avais humé, ma Salomée, mon Agathe précieuse, elle avait le regard au raz du front et le feulement sourd pour guetter cet énorme dans l'arbre, ça fait drôle de voir cet immense oiseau partir sans un bruit à 3m de soi. Drôle et troublant..

 

Les grenouilles s'en foutent apparemment, mais les innombrables poissons ont du subir ses assauts de pêcheur, ils se planquent maintenant sous les nénuphars et même les miettes de nourritures ne les font sortir de leur abri qu'à regrets...

Il y a des victimes au champ d'honneur, les gros parents sont invisibles, déjà picorés par long-bec? Ne restent presque que la deuxième génération, mais bien timide, bien timorée.

 

Il faut choisir, vais-je poursuivre le bel ailé avec ma fourche la prochaine fois? Non, il est bien trop magnifique!

 

Nous avions déjà la visite depuis plusieurs mois, d'un gros pigeon ramier bien dodu et royal, il n'a pas peur de ma silhouette allongée sur le transat, et viens boire délicatement, pas assez chaud pour un bain ..

 

Octobre nous offre ce vent, ce vent d'Est presque tiède puisqu'il suit de près le vent d'autan qui nous a tourné la tête il y a quelques jours. Il est constant, et dormir avec la fenêtre grande ouverte, avec ce frrrrr permanent, c'est dormir près d'une mer, ou d'une haut d'une colline, une sensation merveilleuse.

 

j'ai réussi avec de longs exercices de respiration profonde à me sentir plus légère, ôter ce poids sur la poitrine que m'y avait collée l'entrée de l'Automne qui blesse le poumon fragile. Du coup ça m'étonne, de marcher dans l'herbe bruissante avec ce pas que je sens si léger, j'ai l'impression que je vais m'envoler...

Il me donne envie ce poids léger de perdre mon temps, de bâder, de lorgner , de guetter, de ne pas être dans l'ouvrage pressé..

 

Malgré tout, devant la toile, je me sens moins tout au début d'une longue route comme il ya quelques temps, moins de réflexion, plus d'élan, plus de joie..

 

Répertoriée maintenant, je peux arguer de mon statut de presque pro, et ça fait ça en moins à trimballer comme complexe au fond du soulier.   Une fonction j'en ai une,  c'est marqué.. C'est con hein?

 

Je biche aussi de sentir mes ado et presqu'adulte grandir comme des arbres, me faire bousculer par eux, par leurs réflexions, ne plus avoir ce statut  de parent infaillible, pouvoir avoir des doutes, questionner, se nourrir de leur vision du monde, les voir pousser des portes, seuls et aventureux.

 

Brefle, Octobre est décidémment un mois chéri.....

 

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  oct-021.JPGChaussette-Agathe-Salomée

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Shan et S

 

   Et ça, c'est un petit aperçu de la virée dans la montagne...vicdessos-138.JPG

 

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Vie de famille