Publié le 13 Février 2013

Yves

Faire une cabane c'est comme chercher les champignons, avec l'habitude, les yeux voient tout de suite, l'endroit, l'endroit juste,  le creux invisible semi caché, les herbes plus hautes, un tronc pour adosser deux planches, peut-être une fourche ou un rocher pour faire  l'étage

Dans les buis, y a une espèce de lumière sous-marine, bleutée, on dirait que c'est le soir tout le temps, pas de bruit, presque pas, sous les buis rien ne pousse, ils sont trop serrés, les petites feuilles dures en toile cirée, le soleil ne passe pas

Les branches sont  tordues et fines comme des vipères, mais elles ne casseront pas, on peut grimper dans un buis,  le bois est dur et frais sous les doigts, un peu gratté de mousse sèche, l'écorce est lisse,

Bien-sûr j'aimerais mieux pouvoir aller dans la cabane aérienne de mes frères, mais je n'ai pas le droit, le plancher est au dessus de la pente, au dessus du vide et on est pas sûr que ça tienne, , quand on y pose le pied, quand on s'avance , ça fait bouger tout le train, ça se balance , les petits troncs têtus des buis porteurs ne peuvent pas s'empêcher  d'osciller,  mais se pencher au-dessus de la rambarde, et voir la dégringolade jusqu'en bas, ça fait un peu tomber l'estomac.

La pente on la prend avec un carton sous les fesses, en général, on le quitte à mi-pente, on glisse avant lui et on finit sur le fond de pantalon.  Le tout, c'est surtout d"éviter les troncs, 

Toute la pente est couverte de buis hauts comme de vrais arbres

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Boîte à souvenirs

Publié le 11 Février 2013

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  On a 15 ans sur les deux petites photos carrées, pas très bonnes. Puis plus rien.

 Et tout à l'heure elle a poussé la porte, je ne l'attendais pas,  je lui ai dit: il me semble qu'on se connaît.

Bien-sûr qu'on se connaît, ça été ma meilleure amie de Gardes, des collines et des pierres blanches, des herbes sèches, des figues, des chèvres et de la minuscule école de Saint-Urcisse.

Mon amie du vélo sur la petite route mangée, des yeux remplis de larmes dans la descente vertigineuse de Granioulet, des osselets griffés sur le carrelage, du chien pas super causant ni aimable, là pour garder pas pour jouer, du frère en mobylette, qui peut fabriquer une maison avec ses mains, tout seul, et jouer aussi Villa Lobos..

des chèvres qui s'éparpillent dans la colline, et nous le cul dans les herbes piquantes et les cailloux .

Ma copine avec son caractère, têtue avec le sourire, pas qu'on lui marche sur les pieds;

Elle m'a redonné des noms,

Ce nom dont je n'avais gardé que le son : comme un bruit de coquillages qu'on frotte ensemble

Un autre nom: j'avais dans un coin une image de route, d'une cour, d'une chute à vélo, mais pas de personnages dans la scène, et là, avec le nom, j'ai vu ... du blond, pas de visages, puis, avec les prénoms, les visages sont apparus, ils étaient si proches.

On croit que c'est très loin, mais on a pas ouvert la bonne boite,

Mes souvenirs de Gardes sont précieux et concentrés comme une liqueur, dedans, il y a du toucher, des odeurs, des sons, et des saveurs, les images sont fabriquées de ça.

 

 Gardes, c'était notre parenthèse, notre année enchantée, loin des crises et de l'ambiance de plomb habituelle, on vivait au rythme fantasque de maman, une liberté rugueuse , dure et douce.

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Boîte à souvenirs

Publié le 6 Février 2013

divers 005

 

On a l'impression parfois d'être formé de millions d'images mentales comme des petites diapo fixées sur le fond de notre boite crânienne. Elles dirigent notre vie mieux que cent garde-chiourmes, avec elles  pas besoin de lois , d'injonctions, d'ordres, les ordres nous nous les intimons intérieurement et même sans en être conscient, parfois dans nos mots apparaissent-ils  subrepticement

 

Si j'ai ça, ça me suffit,

je peux déjà le tenter

j'ai pas le niveau , mais

j'y arriverai jamais

 

En général ces images tendent à nous rabaisser, rabaisser notre valeur mais aussi notre détermination, et notre courage, comme s'il était plus facile de fonctionner en sous-régime.

On ne fait pas plus que ce qu'une limite interne nous dicte, est-ce plus reposant, est-ce une façon de se planquer ?

 

Oui mais pourquoi ?

La peur est-elle notre moteur ou simplement sommes nous arrêtés par une barrière imaginaire, comme un garde frontière entre notre petit cadre et le champ des possibles

les limites sont aussi données par notre manque d'imagination

Ce que nous ne pouvons imaginer n'existe  pas, pensons nous.

Heureusement que certains humains ont la capacité d’ouvir les portes de leur esprit pour accueillir tout ce qui voulait bien y fleurir, pour apporter à l'humanité toujours plus d'invention et de diversité. Sinon nous en serions toujours à nous geler dans une grotte..

 

Images mentales, peur, manque d'imagination, le trio qui fournit les meilleurs barreaux à nos grilles intérieures...

 

D'où viennent-elles ces images ?

Partons du postulat que  notre être parfait, notre enfant intérieur est né vierge, si on fait abstraction d'un poids de l’humanité qu'il porte déjà in utéro, et des stimulis qui accompagnent la grossesse.

Elles viennent de petits incidents de parcours où votre égo en a pris un coup, quelqu'un vous a dit quelque chose , un jour, en maternelle, peut-être comme: « t'es nul » ou « pauvre débile », peut-être était aussi banal que ça et apparemment inoffensif, mais à cet instant là, vous étiez vulnérable et cette image s'est fixée en vous car vous y avez cru, vous en étiez déjà convaincu à cet instant précis..

Bien-sûr on pense aussi aux injonctions reçues et encaissées pendant des années , qui viennent des parents : « tu n'y arriveras jamais », tu ne fais pas d'efforts, « tu es un paresseux »

 

Bref tout ça rétrécit notre jardin intérieur, qui de parc foisonnant sans limites est devenu un petit jardinet, une courette sans lumière

 

Que ne m'autorise-je pas ?

 

Je ne m'autorise pas à :

être heureux

être libre

me sentir fort

me sentir créatif

me sentir aimable

réussir

croire en mon courage

etc etc....

 

Je m'avertis constamment que :

 

Je vaux sans doute moins que untel ou untel

Je ne devrais pas faire ce genre de chose, ce n’est pas pour moi

Quelqu'un de plus intelligent l'a pensé avant moi, ou fait avant moi, donc je ne fais pas

Il y a des tas de gens qui font mieux que moi dans ce domaine, donc je ne fais pas

Je n'aurai jamais assez de force ou de courage pour arriver à, donc je ne fais pas..

Je ne convaincrai pas

Physiquement , je ne suis pas....

Je dois me contenter de...

 

 

C'est dommage tout ça.

Et qu'est-ce qu'on est obéissant à ce mentor invisible !

Ne pourrait-on pas le traiter comme un gros parasite puant au lieu de l’accueillir les bras ouverts comme s'il était le roi en son château.

IL A TORT   !!  Il est chauve et édenté, sale, envieux et chétif, c'est pour ça qu'il cherche à nous diminuer sans arrêt !!;))

 

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