Publié le 30 Décembre 2013

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Confrontés au pire, puis voir le miracle survenir.  

On est des bûches, je suis une bûche, et quand ça arrive, on est comme des enfants à Noël.

Ça tombe bien.

Notre amie E nous a indiqués une voie, une faille temporelle, un éclat de lumière,

Rien à faire pour les cyniques, les iniques, les ironiques, l'émotionnel est en jeu mes amis, et ça a drôlement remué nos carcasses et fait blobloter nos intérieurs cette affaire là.

 

Ça doit s'appeler allégresse,  cette flambée de tout le corps, cette reconnaissance envers la vie.

Un corps cassé malmené, violenté souffrant, qui revient à la conscience, au réel, à la lumière, en une poignée de jours.

 

Le miracle

 

  Et la chaîne humaine qui s'est formée comme se forme un grand cercle de chevaux autour d'une jument qui vient de pouliner, pour protéger, pour insuffler.  

C'est naturel...

mais ce genre de naturel là ....  

Il faut quasiment ouvrir la porte de l'enfer pour le voir ?

 

Alors, ben , merci, ch'sais pas à qui, mais merci. 

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Expériences...

Publié le 26 Décembre 2013

 

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Ce qui me déroute un peu, ici, dans la ville, c'est la transformation du mot "fermer".

Je n'ai jamais rien fermé, on a jamais fermé, rarement le réflexe de tirer un portail, de mettre un tour de clé à la porte en sortant, voitures ouvertes, portes entrebaillées.

Sans doute qu'on ne s'est pas trouvé assez frotté à la réalité de l'entrant chenapan, qui kidnappe, dérobe, souille et effraie.  

Et même, même quand on s'est retrouvé comme deux ronds de flanc, parce que quelqu'un , une nuit avait déposé comme un oeuf de Pâques un cadeau de plastic dans notre pot de fleur, même ensuite, le jardin est resté accessible, les clés dans les tiroirs, et parfois même, le portefeuille sur le plat bord de la voiture...ouverte.

 

Ici, on entre par une grille, avec un code, puis dans un immeuble, avec une clé, puis dans un  appartement, avec une autre clé.  J'entends que les gens qui rentrent chez eux donnent un tour de verrou.  

Je ne sais pas si c'est de trouille, je ne pense pas du tout que ce soit ça, la source. 

 

Je pense que la vie dans un immeuble au milieu d'une ville est comme la vie d'une abeille dans une alvéole, comme la vie d'une souris dans un petit terrier, 

L'idée est d'être dans ce grand corps de ville, bruyant, parfois brutal, avec beaucoup de lumière, beaucoup de bruit, et tant d'histoires, et qu'on s'en retourne à chaque fois dans un petit espace tellement à nous, tellement personnel, tellement abrité, et pourtant, tout au coeur de la grande machine.

Cette idée là me plait, elle me plait même énormément, elle me concentre. Quand je suis dans cette alvéole, j'ai l'impression que tous mes neurones sont autour de moi, tout près, vibrants, connectés, pas éparpillés, et protégés par le fait que tout vit à l'extérieur, que tout est là, qu'il n'y a pas besoin d'égarer sa pensée , car les autres sont juste au dehors.

Je suis seule et avec tous à la fois, le bruissement autour, les bruits de voix des autres appartements, les autres vies, sont là comme un paysage .  

Quand j'étais petite, je ne pouvais pas m'enfermer dans ma chambre pour travailler, j'avais besoin de laisser ouvert pour entendre les bruits, je ne m'endormais jamais aussi bien qu'au milieu de tous, 

C'est ça. 

Il y a eu méprise, je me suis cru ermite, à travailler tout ce temps dans des lieux avec juste des bruits de vent, d'arbres, et j'ai cru aimer ça.  Mais j'aimais ça.  

Mais aussi je me sentais émiettée, distendue, transparente parfois.  


 La contre-partie est d'essayer d'attraper cette habitude d'écroueuse, trimballer ces trousseaux qui tintent, se tromper,

 je suis comme Alice, les clés sont des attrape-mystères.

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Publié le 12 Décembre 2013

 

 

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N'ayant vécu en ville  que sur deux temps trois mouvements , si peu de temps,  je découvre ,  je m'enchante, je m'enroule, mais ce n'est pas n'importe quelle ville, 

Il est permis de s'y raconter des histoires, une nouvelle histoire à chaque fois, on est dans des pages,  et c'est écrit des choses dans l'air, en fait c'est comme si de passer dans certains endroits levait la voix qui chuchote, la voix d'un narrateur.  

Moi je suis une paire d'yeux et c'est tout, et je rentre ce soir par ce passage là, sous la maison, dans cette cour, il n'y reste plus qu'une pincée de voitures, et une grosse tranche de lune qui 'éclaire,  des arbres, du gravier et la silhouette de l'église du sacré coeur, comme une grande femme assise toute seule, la porte est ouverte, c'est orange à l'intérieur, et là ça chuchote à fond dans mes oreilles, on est en plein dans un chapitre...

 

L'autre matin, c'était Dimanche de brouillard, je faisais un bruit mat avec mes foulées de baskets le long du pont Saint-Pierre, pas un chat, trop tôt, trop blanc, tout  suspendu comme des gouttes.  Je longe le parapet ,  quatre goélands serrés sur une amarre, leur exact reflet dans l'eau, la Garonne comme une reine endormie.

Toulouse m'arrête à chaque instant, dès que je m'y hasarde, tout est important, et le spectacle des choses, les histoires des gens, les allées, les venues, le grand cirque du soir, les lieux silencieux, les échos , et guetter la tourelle, le haut des toits où il se passe des choses drôles de petites constructions rajoutées, minuscules bastions aériens,  s'engouffrer dans les cours, prendre l'air affairé, et voler l'image des verrières magiciennes, des pavés, des esquisses de jardin cachés.

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Posés là