Publié le 21 Avril 2014

Epouser... s'adapter exactement à une forme donnée.

C'est drôle le language, ça pose des choses et on y entre comme dans une maison de verre. Sans se poser des questions.

Quand on admire une pierre dans l'eau, sa brillance, ses reflets, le réflexe est de se l'approprier, de la prendre, de l'emporter. Sortie de l'eau elle devient terne.

On voudrait prendre l'oiseau, on voudrait enfermer dans ses mains le palpitant, le sauvage, et ainsi, le priver de tout ce qui le crée.

Difficile de juste se tenir à côté , le voir , et ressentir sans le clore ses pulsations, son rythme. Ce pour quoi on a été captivé .

Peut-être que le plus fragile dans une relation, est de préserver cette respiration étrangère, sans vouloir la faire sienne, et pourtant, c'est sans doute le plus indispensable élément .

C'est notre ascension, cette découverte, pour soi même et pour l'autre. Le laisser libre de chacune de ses pulsions, de chacun de ses rêves. Et respecter de même notre propre cheminement interne. Il est tellement doux en apparence de se fondre dans le désir de l'autre, qu'on en oublie que ce que l'on a identifié comme son vouloir est notre propre et unique interprétation.

Quand j'étais petite fille , derrière une fraterie de quatre garçons, j'étais sûre de choisir la bonne voie en me créant le rôle du cinquième. J'étais sûre qu'ainsi j'entrais dans le cercle, que mon père attendait cela de moi. Mais ce faisant, je me suis éloignée de moi, au point de ne plus avoir de repères sur mes propres désirs .

Lorsqu'on fait cela, la raison prend tout son pouvoir sur l'instinct, occupant tout l'espace, écrasant toute spontanéité. Pour jouer des rôles, c'est le prix à payer.

Mais l'instinct est comme un liquide interne, en le pressant, en essayant de le contenir, il forme comme une zone de soi dense et contenue, douloureuse, qui asphyxie.

En reprenant mon souffle interne, je n'ai plus cette sensation d'écrasement thoracique qui me poursuivait..

Reprendre son souffle, reprendre son rythme, est ce qu'on peut offrir de mieux, finalement.

Sous toutes ses formes

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Rédigé par Planeth