Publié le 18 Juin 2014

 

Je ne sais pas vous, mais moi, parfois, je remonte à la surface, je sors la tête, et je 

m'aperçois des dégâts.

Chez moi habite Divine Engeance, chez moi, je veux dire, très chez moi, plus chez moi que tout autre chose, puisqu'elle habite dedans mon cerveau.

Divine engeance est d'un abord très engageant, un peu vaporeuse, parfumée, le vocabulaire mugnifiscent  et poétique.   

On a très très envie de l'inviter chez soi, évidemment.

 On se dit qu'elle va enjoliver notre intérieur, mettre des petits rubans, des appui-têtes en dentelle, des rideaux tout jolis plein d'oiseaux merveilleux, des paravents...

Ah oui, beaucoup de paravents, translucides, mais très ornementés.  J'adore.   Typiquement, les paravents comme ça, je les adore.

 

Mais c'est du lierre cette chose là, ça s'incruste , c'est envahissant comme une colonie de fourmis dans la confiture, elle a flairé la bonne affaire , la garce.

 

Alors, c'est comme un virus,

Quelque chose se passe, et aussitôt est détourné par DE, puis recraché dans le tiède de mes neurones.

Ni vu ni connu.

Le moindre évènement, vision, le moindre fait brut,  ça passe dans la chaîne de transformation, c'est shampouiné, parfumé, on lui fait les mèches, les racines, les ongles et un peu de botox pour la route.  

 

Au final, c'est super joli, hein, je ne me plains pas.

 C'est pour ça que je ne remonte pas la tête toutes les 5 minutes,  on fini pas s'habituer et par trouver ça tout à fait normal et tout à fait la réalité.

Même si... Oui, je ne dis pas,  y a toujours une petite souris sardonique en bas, dans le coin, qui rigole en lissant ses moustaches.

 

Le hic, enfin ce qui m'a faché, là d'un coup, c'est que je me suis rendue compte que ça contaminait la peinture,

Ben oui tiens, forcément.  Que n'y avais-je pensé.  Et que c'était pitêtre bien pour ça que je m'emmèle les pinceaux  ( ohhh, elle est fine celle-là, elle est très fine)   

Je pars avec un grand , un beau désir de rien, de vacuité délicieuse, et puis paf, Divine Engeance passe son nez, renifle la bonne affaire toute facile,  et me voilà en train de dessiner des sirènes mielleuses au milieu de mon grand rien tout beau...  

      Pendant deux jours, j'ai tout plein de papillons dans les yeux,  et je ne m'aperçois de rien.  

Mais le troisième jour, pim, le rideau se casse la gueule et je me retrouve devant une merde sirupeuse sans nom.. 

C'est une entremetteuse, Divine engeance, une mère maquerelle, elle te vend un  caissier de Casto pour le prince de Baklava, le coin de la rue, pour l'Eldorado..

La salope.

 

Ces jours ci, dès qu'elle commence une phrase, je lui mets un coup de hache dans la gueule... C'est très jouissif...

 

 

 

 

 

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