Publié le 3 Août 2015

Je suis retombée ce matin sur ce texte de Mai 2013,  écrit suite à une expérience de RED (rêve éveillé dirigé), il m'était complètement sorti de la mémoire

 

 

 

Allégeance

 

 

 

J'ai tiré la corde et au bout il y avait un morceau de bois pourri.

 

Le déclencheur : certainement, le fusil  de  l'arrière-grand-père (RED) qui mène à l'idée de cette lignée dont les mots d'ordre ont été : domination, ordre, contrôle.

Et aussi le rêve que j'ai fait l'autre nuit, sur ces énormes troncs pourris qui me menaçaient et que j'ai fait tomber à terre.

 

La maison porteuse  : Le Manoir

 

Si je suis du doigt cet arbre généalogique, je sens les aspérités, les duretés, les accrocs, le peu de don pour le bonheur. Mon frère, mon père , ma grand-mère et certainement mon grand-père, mon grand-oncle Camille, tous minés par une dépression larvaire, une aspiration vers une mélancolie mortifère et improductive.   Camille , tuberculose.  Papa,  suicide inconscient,

 

A nous cinq, mes quatre frères et moi, nous avons eu trois enfants.

Comme une branche qui finit par se rabougrir et sécher.

 

Chez moi, trois allergiques, poumon fragile

 

Cette maison nous a pesé, nous a miné. J'ai senti son poids, sa présence parfois hostile

.

Nous avons eu raison de la vendre, et je comprends mieux pourquoi je me suis débarrassée de tous  les objets que j'avais pu conserver d'elle.

 

Peu importe ce qui a pu nourrir cette chose en elle, des événements du passé, cela ne nous concerne plus.

 

Il y a d'autre choix que la mélancolie et la tristesse, aucune espèce de fierté à tirer de cela.

Je ne veux plus me laisser écraser par cette relation à ma généalogie, cette fidélité, cette allégeance.

 

Les hommes, et parfois les femmes de la famille Patay se sont comportés comme des despotes, imposant leur loi, une certaine idée de la morale et du contrôle. Les choses qu'on doit faire, ce qu'on doit penser,  Il y avait l'époque, il y avait le lieu, une famille entièrement dévolue à la guerre en 14/18,   récupérant ses deux fils d'à peine 20  abimés à vie, souffrants à vie .

 

Mon père envoyé à 13 ans par son père comme « volontaire » pour déblayer  les corps dans un train dévasté par une explosion en gare de Rennes.

 

La dureté chez mon père, sa mélancolie permanente.

 

Un choix.

 

Je suis libre.

Je fais le choix de la joie , et de créer encore et encore .

 

Ce passé m'appartient, il est en moi , comme il est dans mes deux fils, mais il doit rester à sa place, comme un stigmate , une cicatrice refermée. 

 

Je crois que la cigarette est la dernière cartouche que je concédais à cette allégeance, donner prise au désir de mort sur moi, une lutte. Donner raison à la tristesse de parfois me submerger."

 

 

 

 

photo F Patay

photo F Patay

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Rédigé par Planeth

Publié dans #Boîte à souvenirs

Publié le 1 Août 2015

Pas à pas

 

Et voilà,  de nouveau intranquille et obligée de fouiller au fond de moi pour reposer mes mains sur les choses palpables. Le changement de lieu, sans doute ,  les étoiles, et le reste..

Alors se forcer à rester là sans courir au dehors,  se forcer à se retrouver en soi-même, sans manger le reste du monde,  nourrir ma soif avec mes propres ressources,  retourner à la terre, retourner à la construction, sur mes deux jambes, mon ventre tranquille, mes poumons calmes, mes yeux dans les prochaines formes à parcourir.. 

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Rédigé par Planeth