Pesos et pesos

Publié le 5 Mai 2007

 

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Une chose qu'on ne capte pas du tout, lorsqu'on est touriste à Cuba, c'est la différence de monnaie, on sait qu'elle existe mais à quasiment aucun moment, on y est confronté.

Un peso non convertible est équivalent à 1/25ème d'un CUC (peso convertible), vous n'en verrez pas la couleur dans les infrastructures dédiées au tourisme: hôtels restaurants, magasins de souvenirs etc...,

Les cubains sont la plupart du temps payés en pesos non convertibles, par exemple, dans un village près de Baracoa, où l'on cultive le cacao, un quintal de "noix" fraiches est payé 50 pesos cubains, ça parait vraiment ridicule surtout qu'un arbre ne fournit pas tellement de noix: environ 100 à 200 par an.

A côté de ça, un touriste trouve un coût de vie quasiment équivalent à l'Europe. L'euro vaut environ 1,20 peso cubain.

La majorité de la population a accès à certains produits avec des tickets de rationnement comme pendant l'occupation en France, ce qui leur permet de les acheter à un coût vraiment accessible mais qui les limite énormément, on donne souvent l'exemple du savon, et c'est vrai que dans la rue c'est une des demandes les plus fréquentes .

Donc tout ça donne encore plus le sentiment de se balader derrière une vitre infranchissable, on a même pas la même monnaie en main!

C'est sûr que le meilleur moyen en ce moment de se faire du fric pour un cubain c'est de travailler dans le tourisme, le pourboire est là-bas plus qu'une institution, si on y déroge on s'expose à un mécontentement certain. Notre compagne de voyage qui n'avait "que" 25 centimes de pesos convertible pour le bagagiste l'a vu se mettre quasiment en colère, puisque la norme est d'un peso (donc quasiment un euro)

quand on compare avec l'exemple de tout à l'heure sur le prix du cacao, on se rend bien compte à quel point cuba marche à deux vitesses .

J'ai finit par ressentir ce paiement systématique de tout service comme un gros poids, être assimilé à un "milliardaire" en vacances par son interlocuteur , c'est très déstabilisant, c'est être un pourvoyeur face à un demandeur, en permanence et c'est pas tellement le type de rapport qu'on avait imaginé avoir .

Entendons nous bien, je sais parfaitement qu'on est extraordinairement riches pour la majorité des cubains, mais c'était ma première expérience de voyage dans un pays ou le manque de tout est la norme, et me sentir positionnée de cette façon était un malaise permanent, on a beau désirer se sentir sur un pied d'égalité et de dignité de part et d'autre(utopique je sais), cette mise en place de "tu es d'un pays nanti , donc tu peux et tu dois m'apporter quelque chose" était humiliante pour moi peut-être encore plus que pour mon interlocuteur.

Les gens rencontrés étaient des vrais gens comme moi, je ne m'imaginais pas les photographier sous le nez, observer leurs façons de vivre comme s'il étaient d'une autre planète, j'avais l'impression de me regarder vivre dans une autre peau , mais en même temps on était un groupe, on descendait de notre mini-bus, tous les 7, plus la guide, on parlait pas l'espagnol, et donc on était franchement des visiteurs curieux et plein de CUC.

Ceci pour dire que peut-être ce type de voyage, organisé donc, même si c'est un groupe limité, n'est pas forcément celui qui me convient, ou peut-être que je ne suis tout simplement pas capable d'accepter la réalité en face.

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Un "vrai" billet cubain (non convertible)

Rédigé par Planeth

Publié dans #Cuba in live

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florianne 11/05/2007 22:01

j'ai du mal à t'imaginer en voyage organisé avec papi, mamie dans le bus et les pauses pipis tous les 1/4 d'heure...malheureusement c'est incoutournable dans certains pays, tu as quand même pu te ballader sans guide ?

Planeth 11/05/2007 22:17

c'est toi Flo?  t'as misune adresse de site mais c'est pas bon, tu me la redonnes?non c'était pas un voyage papi-mamie, 'reusement, on était que 7, nous quatre et une famille de trois, mais même c'est vrai que c'est space..si c'est toi, c'est vraiment drôle parceque je pensais à toi pas plus tard que tout à l'heure, me disant que ce serait bien sympa de te voir cet été...

Maryline 06/05/2007 19:41

Salut, beaucoup est un grand mot. Mais depuis quelques années on prend le temps d'aller voir ailleurs. En mars, c'etait l'Inde. Le choc ! même en étant préparé. D'une manière ou d'une autre, tu es marqué (au fer rouge) tellement les contrastes sont forts. Même encore aujourd'hui on a parfois du mal à mettre des mots sur des images.
C'est un pays à voir, sur le plan humain c'est très fort. (trop) je risque de te choquer mais c'est parfois étouffant.
Pour l'argent, c'est fou, ils n'ont rien ou si peu. (je parle pour les basses castes) Nous avons même vu dans une école où nous avions donné des stylos. Un instituteur, prendre celui qu'une fillette avait réussi à attraper et le mettre dans sa poche...
 Côté patrimoine, architecture, bâtiments. Ils n'ont pas les moyens pour l'entretien. Alors un coup de blanc sur des peintures de plusieurs siècles... c'est pas un problème. ça fait propre et les touristes aiment la propreté alors ils veulent leur en donner...
J'aurai plaisir à lire tes autres sentiments sur Cuba. Et tes enfants comment l'ont-ils vévu ?
 
 

Planeth 06/05/2007 22:14

Les gars ont adoré, ici en Corse, le Che a une sacré image de marque et grand Dad était ravi de pouvoir vivre ça "en vrai" (sic)et Mimi enchanté par la nature exhubérante... et les plages.Le côté politique, même si on en a parlé ensemble, ainsi que du dénuement dû à la "période spéciale", je ne sais pas encore ce qui leur en restera, mais c'est imprimé dans leur tête ça c'est sûr, car Mercédès était une guide géniale dans le sens où elle "racontait" bien, pour eux aussi..

Maryline 06/05/2007 11:25

C'est un pays que nous aimerions découvrir et ce que tu dis ne nous surprend pas trop sauf pour l'argent. Je ne pensais pas qu'il y avait cet autre PESOS.
Dans d'autres pays c'est pareil, toi, tu ne vois jamais les centimes les nombres sont tous bien arrondis  et toujours multipliés par x. Mais de là à ne pas avoir le même pesos...
Pour le pourboire, dans certains pays tu dois en tenir compte ça fait parti de la philosophie du pays. Et si tu as pu te payer ton billet d'avion qu'est ce que le Pourboire ? (je ne veux pas dire que je m'appelle ROTHSCHILD) il faut toujours relativiser. Mais je comprends bien le mal être dont tu parles.
à la prochaine page de lecture ...
 

Planeth 06/05/2007 13:42

hello maryline, ça fait plaisir de te voir ici! ;0)  en fait on a pas trop d'expérience  encore, ou surtout en Europe. Tu voyages beaucoup?

mab 06/05/2007 09:14

J'ai encore du mal avec les euros alors entre les pesos convertibles ou non , c'est la migraine assurée.

Planeth 06/05/2007 13:42

;0)

Hélène 05/05/2007 16:43

Ce que tu racontes décrit bien les appréhensions que j'avais à l'idée de voyager et comme j'ai le chic pour me faire une montagne de broutilles, cette histoire de pourboire entre autres me posait des problèmes. Quand, comment, combien? Ca met peut-être comme tu le dis le doigt sur certaines réalités que l'on n'avait pas forcément envie d'emmener en vacances... Et c'est vrai de partir à deux simplement permet de diluer un peu cette impression. Alors à quand le prochain voyage en plus petit comité?

Planeth 06/05/2007 13:44

ben euh, quand les gars en auront marre de se trainer leurs parents!! mais là ils se sont régalés...on a pas encore réussi à les dégouter de voyager en famille..LOL