Ce que j'aimerais...1

Publié le 24 Mai 2007

 

1964, maman-louve 

maman-louve, hiver 64

Ce que j'aimerais,
c'est qu'il n'y ait plus que des jours blancs, 
plus de jeudi, de mercredi, de ouikendes..
Des jours sans définition, sans programme, sans missions, pas de jour des courses, de jour-taxi, de jour perdu. 
Ce que j'aimerais c'est qu'il n'y ait pas de jours de vacances et de jours de travail, pas de jours de fêtes et de jours sans fêtes, j'aimerais qu'il n'y ait pas de calendrier, pas d'horaires de repas, pas de jours avec et de jours sans, pas de lundis.
Que des jours blancs qui s'ouvriraient le matin sur rien, pas de programme pré-établi, juste du temps sans étiquette.
Alors peut-être que je guérirais de mon mal de temps, de mon insavoir, de mon incapacité.


Une fée douce s'est penchée sur mon berceau et m'a soufflé:" tu aimeras le temps qui passe comme les gouttes de pluie sur le rebord de ton chapeau, comme le va et vient des oiseaux dans ton champ de vision, tu aimeras la lenteur et la patience."

  Puis une autre fée est arrivée, essouflée, en claquant la porte et m'a jeté: "dépêche-toi, dépêche-toi" et elle est partie aussi vite qu'elle était arrivée.

        Depuis je me dépêche de faire ce que j'ai à faire pour faire de la place pour les choses suivantes, j'aime les faire vite et bien si possible, et ne pas laisser de creux entre chaque chose, et ma tête me hurle à chaque seconde: "Attends, tu n'es pas pressée ! Qui te pousse à remplir les blancs ?"


    La fée douce  m'a emmené vers des carrières indéfinies et brumeuses, des choses entamées et jamais terminées, un goût pour poser mes mains et mes yeux sur la toile ou le papier, elle m'a donné un  Dou' qui tolère ma musique capricieuse, mes accès d'efficacité et mes lenteurs, des enfants qui ne s'étonnent pas de voir leur mère passer des heures sur des tableaux  qui ne finissent jamais.

   La fée rapide m'a donné la culpabilité de ne pas remplir chaque seconde, l'obligation de les remplir, l'angoisse de n'être pas assez efficace, le remord d'avoir passé du temps juste comme ça, pour le plaisir.

  Fée rapide me tient en laisse et à l'oeil, elle ne comprend pas mon goût pour la peinture. 
Si je l'écoutais, je passerais ma vie à veiller que tout soit en ordre et bien rangé dans la maison, à faire des menus , une cuisine  épatante, de l'ordre et de la propreté. 
Regarder chaque matin mes enfants sous le nez pour traquer la moindre incartade au savon, leur faire tenir leurs affaire dans un ordre impeccable, ne pas oublier une virgule, un mot, une leçon à apprendre, veiller sur leurs copains, leurs visites, leurs allées et venues. 
Virevolter autour de mon dou' chéri pour qu'il ait l'impression d'avoir Missiz Bzzz à la maison, la reine du ménage et de la tasse de thé au moment opportun.

  
Mais je me bouche les oreilles avec des acouphènes, je fuis les vitres sales et les moutons sous le divan en ne les regardant pas, je cours à l'atelier, je mets la radio, ouf, je lui ai échappé encore pour quelques heures..

Rédigé par Planeth

Publié dans #pensées dans le miroir

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maryline 27/06/2007 20:22

Dès que j'ai le temps je te promets de m'en occuper.

Planeth 27/06/2007 20:50

oki ;0)

Maryline 10/06/2007 20:34

J'en ai une seule, et elle est loupée. une supperposition de photos.Tu étais dans ma maison, agenouillée auprès de Fifi ma petite chienne . Et dans un coin de la photo la tête de ma mère qui devait penser que la péliculle était vide et faisait un essai avant de l'enlever...

Planeth 10/06/2007 20:48

argh, et moi j'en ai pas une de toi petite, tu m'en enverrais une ou deux par mail? (si tu en as de scannées)me rappelle très très bien de Fifi, qu'est-ce que ça me faisait envie d'avoir une petite chienne comme ça, je m'en souviens très bien près du gros chataigner, notre point d'observation du quartier, elle arrivait à sauter le mur !

Maryline 27/05/2007 21:09

Non, je vais te donner des morceaux de notre passé et à toi de creuser.  Cabanes dans la forêt, Cabane à gauche de l'entrée du manoir, cabane en bois faite par ta famille. Des tours de vélo. Les fraises dans le jardin de ton grand-père, si tu fais encore un effort tu entendras le bruit du motoculteur . Pour ce soir, tu as de quoi travailler mais attention gères en douceur car je ne voudrais pas que tu rencontres d'autres marraines en chemin.

Planeth 28/05/2007 09:03

mmmm, ça vient, j'en ai pas mal d'images si je fais gaffe, mais à 2000km(?) déconnectée je suis de l'océanique et de l'Ile et Vilaine!! 

Maryline 27/05/2007 20:05

Je vais regarder.Mais c'est marrant, j'ai encore des souvenirs plein la tête, comme si c'était le mois dernier.

Planeth 27/05/2007 20:52

ouaaaa, t'as de la chance, moi j'ai plus que des bribes, tu veux pas m'en raconter? tu fais un chouette texte et je le mets sur le blog? chiche?

planeth 27/05/2007 19:56

ça me fait penser, mary , que je n'ai aucune photos de nous deux quand on était gosses, pourtant dieu sait qu'on a passé du temps ensemble.. t'en as toi?