Peur de mal faire = peur de faire...

Publié le 9 Juin 2007


Vierzon, 1986(voir la tête que je fais sur cette photo, c'est parlant!)


A la lumière du
livre que je viens de fermer (et que je rouvrirai de temps en temps, régulièrement) une évidence vient de m'apparaître: 
Je suis terrorisée par la peur de "mal faire".
Tellement d'ailleurs que j'ai soigneusement évité toutes les sources d'angoisse, je bosse chez moi, pour moi et sans regard "supérieur" au dessus de mon épaule, j'ai évité du mieux que je pouvais toutes sortes de concours et lorsque je ne pouvais m'y soustraire, j'y fonçais tête baissée, éperdue, en me disant "tant pis".
(Ceci me rappelle des épisodes liquéfiants de sorties en CSO ou dressage )
Malgré tout, j'ai sauvé la face en adoptant une apparente sérénité, un flou, un air relax, à tel point qu'étudiante, j'étais soit surnommée Gaston Lagaffe(pour la silhouette hypra dynamique), soit Peace and Love.
Tant que je n'ai rien à affronter, tout est ok. J'évite tout ce qui me causerait la moindre incertitude, obligation, rectitude. Je mets fin moi-même à mes contrats d'édition, je plante les vélléités d'auteurs qui éventuellement travailleraient avec moi, je saborde mes capacités en les minimisant ou en les ignorant d'une façon parfaite, bref j'évite.

Rien ne m'est plus doux que de pouvoir dire: " Je suis vraiment nulle dans ce domaine là, mais untel ou unetelle est vraiment top". Encore une cachette de trouvée.

Mais jusqu'ici, je n'avais pas  mis de mot juste sur ce petit travers.
Et puis hier, grâce à Cécile, je me suis tout à coup rendue compte que je pétais de trouille, toute grandelette que j'étais. Peur de ne pas y arriver , de ne pas maitriser vraiment, d'être dépassée. 
Et voilà, ça avait un nom, je voyais exactement la petite panne, la petite merdouille qui avait coincé quelque chose dans mon fonctionnement. 
J'avais la trouille et qu'est-ce que j'étais contente de savoir que j'avais la trouille, de savoir pourquoi, et de pouvoir le montrer à tout le monde, et même...c'était pas grave.

J'ai suivi mon fil de pelote hier soir, et me suis souvenue de mon père qui regardait tout ce qu'on faisait d'un air dubitatif, qui m'imaginait parfaite et ne comprenait pas quand je faisais une réflexion idiote ou quand je ramenais une note moyenne,quand j'étais juste moi.
 Ma terrible envie qu'il soit fier de moi, ses soupirs las, ses "mouai..." ses "bof" , ses remarques incessantes sur tout ce qui constituait ma mère: son rire (insupportable), ses mouvements  (trop brusques), sa façon de ranger (pas bien évidemment), sa façon de cuisiner (bof),. 
Et pourtant je l'adore encore mon père, tout mort qu'il est, mais ce contrat de dupe qui me lie encore à son appréciation, peut-être que maintenant je pourrais le mettre au feu? Peut-être?

Je me souviens, j'avais 10 ans, je devais présenter un exposé, je l'avais longuement préparé, c'était sur la vigne je crois. Mon dossier il tenait la route, j'en suis sûre. Mais j'ai demandé à la maîtresse si on ne pouvait pas considérer ça comme juste un essai et pas comme un vrai exposé. J'avais trop peur que ça ne soit pas "assez" bien.
Je ne vais pas disgresser sur le fait que longtemps pour les garçons aussi, j'avais l'impression de ne pas être à la hauteur, ou en tout cas pas sur la même planète,ou transparente, mais c'est une autre histoire...

Bon ok ça a l'air super simple comme ça: ouai on a trouvé la solution, y a plus de problèmes. Mais je suis pas une voiture moi, on ne peut pas changer une durite comme ça, j'ai mis un nom sur la chose, c'est déjà pas mal, mais je sais bien que j'aurai encore la trouille.

 Me reste à l'accepter  comme faisant partie du jeu..

Rédigé par Planeth

Publié dans #L'enfer c'est moi...

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Eryn 14/06/2007 10:27

j'aurais tant de choses à te répondre sur ce sujet... encore une fois faudrait me fendre d'un article au lieu de profiter lâchement de l'espace commentaire des tiens :-)) mais... oui enfin on verra. l'enfer c'est toi : p--tain t'es chiante à me pousser comme ça alors que j'étais bien dans ma cachette moi aussi !

Planeth 14/06/2007 16:54

ouaip je suis comme toi en ce moment ,pas le temps de blogger! et on a le jeu des 7 vérités en plus;. pff, moi j'ai un super cauchemard à raconter;. p'têt ce soir!un billet réponse ce serait chouette, allez, sors du bois!!

Lilie de la Mirlitantouille 13/06/2007 17:17

Nommer, identifier, reconnaitre...la moitié de la route est faite Planeth. Et puis le blog, c'est s'exposer un peu, beaucoup...un premier pas peut-être?

Planeth 13/06/2007 21:12

si cette route me débloque enfin les mains le pinceau et le reste, je veux bien marcher!

lechalote 12/06/2007 21:16

Oui, je comprend ça...mon père m'a montré comment passer le balais il n'y a pas si logntemps, je n'en croyais pas mes yeux. Je ne faisais pas comme il faut apparemment. Ma mère m'a acheté une carte récemment (ça ne lui arrive jamais), et je crois qu'elle va te plaire , c'est de Sénèque : "ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles". Mais je ne cesse d'oser et d'avoir peur, et je me dis parfois que je ne guérirai jamais et je donnerais cher pour ne plus avoir peur tout le temps...je lis femmes avec les loups en ce moment, et qu'est-ce que j'aime...bises

Planeth 12/06/2007 22:09

Ah , elle est magnifique cette phrase, j'en ai vu une dans un forum une fois que j'adore: elle est de Marc Twain je crois:" ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait", pas mal non plus hein?Je suis contente que tu te jettes dans la gueule de cette louve là, elle parle d'or ! ;0))

Maryline 10/06/2007 20:37

Tu me rassures. Car je me méfie des boites de Pandor.

Planeth 10/06/2007 20:51

;0)

Maryline 10/06/2007 20:15

Il y a des jours avec des hauts et des bas. Mais tu avances, le haut n'est plus très loin si effectivement tu laisses de côté ces fausses idées. Conserve, uniquement à l'esprit l'amour de tes parents. La preuve tu as construit ton nid, prends le temps de l'apprécier cela t'aidera à lever la tête. Quand on veut on peut essayer d'y arriver.

Planeth 10/06/2007 20:29

Effectivement j'introspecte en ce moment, Mary, mais ce n'est pas en termes de haut ou bas, je suis plutôt très contente de la vie en général.  Je m'accorde en fait le loisir de comprendre certains de mes "travers", et c'est une aventure pleine de surprises! ;0)c'est la peinture qui me pousse à ça je crois