Un noeud quelque part?

Publié le 4 Septembre 2007

Ahem... maintenant que j'appartiens à une communauté, wow wow wow, ici , présidée par l'éminente "Loïs de Murphy de la griffe aiguë", (un nom à particule, tudsuite ça vous pose là), je me sens investie quelque part d'une mission:
Vous faire part, chers concitoyens et yennes de mes pensées les plus absconses.

Or donc là, subséquement, j'ai un sac à vider, pas celui de l'aspirateur, non non, ni un vieux sac de déprime moisie toute verdâtre, parceque non j'ai plutôt la patate parce que c'est Septembre et donc plus l'été et donc qu'on va enfin avoir de l'eau, j'espère .
(je sais je suis lourde pour les continentaux qui me lisent et qui ne se doutent pas qu'ici en Corse il fait beau 300 jours par an, et , pour une océanique comme moi c'est dur)


Non juste un gros sac de pensées que je n'ai pas encore eu le temps de vider sur mon clavier.

         L'autre jour, j'ai lu un article intéressant d'une thérapeute lambda qui avait soigné un type pour des douleurs importantes . (Autant signaler tout de suite que vu mes préférences en ce domaine il ne s'agit pas de médecine allopathique)
La dame fait parler le monsieur, entre autre sur son enfance, qu'il aborde sans émotion apparente, mais simplement pour faire le constat, encore une fois de façon extrêmement neutre, que ça n'avait pas été de la tarte, je ne sais plus pour quelle raison, enfin bref qu'il n'en avait pas de bons souvenirs.
Cet homme, par sa posture et son physique, semblait porter une armure lourde et rouillée, et de fait ses muscles noués, ses articulations douloureuse ne lui permettaient plus que des mouvements raccourcis et pénibles.
Une thérapie s'ensuit donc et permet à l'homme d'exprimer la colère, la solitude et donc la détresse qui l'avaient empoisonné dès l'enfance, et qui avaient petit à petit façonné son corps pour résister à l'hostilité du monde extérieur tel qu'il lui avait été donné de le percevoir.
 Le cheminement lui a permis semble-t-il de retrouver une ouverture au monde et donc peu à peu une meilleure mobilité.

   Ce qui me stupéfie, c'est d'observer le nombre de personnes (moi y compris) de qui l'on pourrait dire, ton intérieur t'a façonné, ton ressenti t'a donné telle ou telle posture corporelle.
Notre corps a tout pour pousser droit et tout à coup, nos épaules se voussent, notre colonne se tord, parfois nos vertêbres jouent aux dominos, sans qu'on ait fait le moindre travail de force, nos pieds se tordent, notre corps enfle ou au contraire s'amenuise jusqu'aux confins de l'inexistence.

Tel a le cou qui part vers l'avant comme s'il portait un sac sur ses épaules, tel autre au contraire se tient si droit qu'on a l'impression qu'on l'a enfermé dans la table de repassage. 
 Des épaules sont crispées, il y a des douleurs dans les bras, les machoires sont tendues, les dents serrées..

Et je pense à ce qu'ont vécu nos parents et grands-parents: guerres, privations, mariages souvent contraints, codes multiples à respecter. Ce qu'il fallait faire, ce qu'il ne fallait pas faire. Inégalités flagrantes entre hommes et femmes..

J'imagine que beaucoup d'entre nous (je parle des quarantenaires hein, les moyens vieux quoi ;0) auraient des choses à dire sur leur enfance. 
Les couples harmonieux et légers ne devaient pas courir les rues. L'autorité envers les enfants était la règle certes, mais distribuée de quelle façon, et avec quelles contreparties. 
On ne songeait guère à l'époque aux humiliations que l'on faisait subir aux enfants, à la violence à laquelle ils étaient parfois exposés, il s'était passé tellement de choses abominables en France qu'on allait pas chipoter pour une raclée mal dosée.

Nos pères étaient anxieux et enfermés dans leurs soucis, rentrant chez eux pour soupirer d'avantage sous le poids de la famille. Chez beaucoup d'entre nous, le shéma était le même: père autoritaire, mère silencieuse ou fuyante ou sapant en douce l'autorité trop pesante. Pas de discussions enfants-parents. Combien d'entre nous ont fait leurs découvertes successives tout seuls..

Et on s'imagine avoir échappé à tout ça sans dommages:" Moi, mon enfance? top..."

Sauf que: je n'ai jamais vu mes parents rirent ensembles, ni discuter sans s'engueuler. 
Il y avait tant d'inégalités de traitement entre mes frères et moi que ça m'a donné des complexes monolithiques. Avoir une famille me semblait quand j'étais petite, le summum de l'emmerdement maximal, et se marier une fichue mauvaise idée.
Pour parler à mon père, même adulte, je lui ai écris. 
Ma mère une fois séparée de mon père est devenue la personne qu'elle aurait dû être : drôle, indépendante et fantaisiste.. Mon père est resté claquemuré dans ses pensées , avec parfois des éclairs de plaisir, voire de bonheur, en regardant les petits-enfants (très peu nombreux).
Ce n'est pas une auto analyse que je fais là, mais partager des souvenirs sans doute communs à bien des gens de ma génération. 
Alors oui, on est courbé, tordu, avec des complexes bien enfouis, c'est pas très grave, mais cette question reste tabou bien souvent, et aller chez le psy relève encore de l'exploit face à soi-même et aux autres (d'ailleurs j'y suis pas allée, nan j'ai fait un blog, ha! ha! ha!)

S'occuper de soi, non en surface mais en profondeur , semble toujours superflu alors que ce devrait être la base . Il faudra encore une génération pour y songer.

L'autre jour j'ai observé mon fils de 15 ans (tous frais les 15!) il est droit, il est bien bâti, il est beau comme un astre, j'espère de tout coeur que ce qu'il a vécu avec nous ne ternira pas ce bel élan. 
Moi j'ai dû commencer à me vousser vers cet âge là.

 

Rédigé par Planeth

Publié dans #pensées dans le miroir

Commenter cet article

papa de Lili 09/09/2007 20:57

Suis venu sur ton site en passant par Loïs (elle a le truc pour trouver les perles!). Le vieux machin  que je suis ne crois pas à la psycho... mais c'est un point de vue tout personnel! Quoique j'ai souvent dit à mes enfants: " Ce qui est montagne aujourd'hui ne sera plus que bordure de trottoir demain!" Par contre je ne suis pas faché de savoir que je ne suis pas le seul qui a du mal a tendre la main vers la "loque à reloquer" c'est à dire le torchon à poussiére! Amitiés. Le Papa de Lili Praha.

Planeth 09/09/2007 22:51

Bonjour papa de lili, pourquoi vous signez papa de lili? j'ai vu votre blog aussi, signalé par l'éminente Loïs, faut que je m'y plonge, mon frérôt ayant fait un peu d'international ..ben pi sinon, je pense que la psycho, c'est comme le torchon à poussière, on  a le goût à l'agiter ou pas! ;0)

eryn 07/09/2007 14:43

comme tu dis..... et voilà quelques mots chez moi ...

Planeth 07/09/2007 18:25

Quelques maux chez toi, oui j'ai vu, croisons les doigts..

Lilie de la Mirlitantouille 06/09/2007 22:51

très réussie cette nouvelle présentation! toute douce...jolie rentrée ;-)En aucun cas il ne s'agit de courage, j'étais simplement incapable de faire redescendre une pression extérieure certaine, et ce n'était plus vivable.La seule solution pour redevenir humaine m'a semblée être celle ci, parce que j'y pensai depuis longtemps.mon rendez-vous c'est bien passé, malgré mon appréhension. J'en ressens aujourd'hui le bénéfice (tout petit, certe, mais la cocotte-minute que j'étais ne chuchotte plus...)Tout fait son chemin; chacune son rythme et ses valises...amicalement, Lilie de la mirli.

Planeth 07/09/2007 18:21

j'ai eu du mal pour juste ne pas cabosser tout le blog, je n'y touche plus! merci ;0)Oui mais trouver cette solution n'est pas encore si simple , je persiste, ce pas là est un pas "couillu" pour reprendre un mot à la mode !

cathulu 06/09/2007 17:25

Ton texte me parle beaucoup...moi c'est toute une armure que je porte, c'est pas marrant, ni pour moi ni pour les autres mais pour l'instant je me contente du yoga..."Quand l'élève est prêt, arrive le maître"...

Planeth 07/09/2007 18:18

et moi je me contente de la peinture et de l'écriture,  on est pas une génération prête encore à franchir cette porte comme on se lave les dents!!

Lilie de la Mirlitantouille 05/09/2007 09:56

Ouf, ça à l'air de bien vouloir marcher today ! Parce qu'hier, IMPOSSIBLE de te laisser un com... Aujourd'hui, à 14h30, je vais me rendre à ma première séance avec une psychanalyste. Des mois que celà me taraude, et ta note m'a particulièrement touchée forcémment.Je pensai naivement que le blog serait mon échappatoire...mais trop de mes lecteurs me connaissent, et je m'auto-censure. Cet été, mon corps m'a mise en garde, à plusieurs reprises, et j'ai enfin admis qu'il fallait que je le dénoue en me libérant de mes vieux démons ( les miens sont planqués dans le péritoine ). La trouille de reproduire des comportements qui me déplaisent sur m'a fille m'a poussé dare-dare vers les pages jaunes et la prise de rendez-vous. J'appréhende un peu beaucoup...on verra bien...je te dirai!C'est toujours un grand plaisir de te lire Planeth.Lilie de la Mirli.

Planeth 05/09/2007 20:48

toi tu as ce courage, je t'admire! ;0)