Les palais de sable

Publié le 15 Septembre 2007


copyright Patay
          









(les conventions d'alors nous paraissent aujourd'hui si évidentes, si encombrantes...et nous ne voyons pas les notres!)




          Je rêve  ou nous vivons tous dans des palais de sable? Même pas de sable: de poussière, de brouillard, des prisons de fumée. des tourbillons, des constructions imaginaires, des mondes  immatériels.
"Je ne pourrais pas vivre sans ... peindre"  Un autre  me dit: "je ne pourrais pas vivre ailleurs qu'en Bretagne".
"Je ne pourrais pas me séparer de mes chats" (chevaux, chiens, perruches, serpents à plumes, etc...)
                              "Je ne pourrais pas me passer de... mon piano" (ma moto, mes photos, mon ordinateur, etc...)                            

Notre vie s'articule d'une façon extrêmement rigoureuse, sur des choses "indispensables", elle acquiert ainsi une rigidité qui , si elle nous était imposée, serait insupportable. Une dictature. Cela nous semble répondre à nos désirs, à nos passions, à nos affections. Mais le serpent s'enroule inexorablement autour de nous, le serpent des choses indispensables.

Et puis il y a toutes les choses que nous feignons d'endurer avec de légers soupirs de lassitude: mes enfants ont tellement besoin de moi, ils ne pourraient pas se débrouiller. Je suis obligée de m'occuper de leurs vêtements, (devoirs, santé, amis, etc...)
Encore des pièces s'ajoutent à la construction imaginaire, un étage de plus, le fardeau est enduré avec adoration, et impatience.
Après, ce sera bien quand....ils seront grands, ils sauront se débrouiller, mes parents ne s'inquièteront plus pour moi, je n'aurai plus à m'en occuper après, plus tard, quand je serai délivrée....

Parfois des ruptures, des accidents, des bouleversements cassent le beau montage, et on se retrouve léger, flottant, les racines à l'air, voguant dans le courant.
Mais ça ne dure pas, il faut réendosser des choses , reconstruire un monde de : "je dois faire, je dois m'occuper de, j'ai besoin de .."

Pourtant, on sait pour l'avoir vécu enfant, que tout ce qu'on a voulu pour nous nous semblait déjà un fardeau,  nos parents commençaient pour nous une construction de projets, d'idéaux, et nous le posait déjà sur le dos.

Moi j'aime peindre. Et peindre me sauve aussi . J'admets que cette chose (certainement pas indispensable comme je me plais à l'imaginer), me permets de ne pas encombrer la vie de mes proches, en bref, de leur "lâcher la grappe".
Si ma peinture s'enraye, et m'ennuie, je vais sans doute m'appliquer à remplir l'espace de mes enfants: conseils, avertissements, directives, répétitions, je me mets à surveiller leurs devoirs , le rangement des chambres, leurs allées et venues, à vouloir des choses pour eux,  bref à manger leur atmosphère, à poser des briques sur leur dos.

Toutes ces choses si indispensables(sic)...

En réalité, de quoi avons nous besoin:   -De manger, de dormir, de jouer, de s'aimer, et si possible de pouvoir exercer son esprit et son corps sur des matières qui leur résistent, se sentir bon dans quelque chose , oui voilà aussi sans doute une chose qui nous est vitale.

Et puis c'est tout.

Mais on a été élevé de telle façon que s'encombrer la vie fait partie de nos évidences, se créer des soucis, des responsabilités, on pense qu'un parent sans litanies n'est pas un bon parent, que la famille est obligatoirement une zone de conflits, puisque nous voulons des choses pour nos enfants, qu'ils refusent ou négligent..(les ingrats)

En, réalité nous voulons pour eux les choses que nous voulions pour nous, nous projetons sur eux les angoisses que nous avions, nous réparons à travers eux les manques que nous avons pensé subir.

Mais ils ne sont pas nous;


Désolée, j'ai encore disgressé par rappot à mon titre, enfin ça a un lien, mais , en fait , je réfléchis en même temps que j'écris, c'est pas toujours facile!





 

Rédigé par Planeth

Publié dans #L'enfer c'est moi...

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Le Parcheminé 24/09/2007 11:10

Je passe pour la première fois sur votre blog, et j'avoue que j'apprécie le ton des billets. Je repasserai donc vous lire régulièrement.A bientôt.

Planeth 24/09/2007 11:14

Merci! J'apprécie également bp de passer lire le votre...;0)

eryn 16/09/2007 23:50

bah la voilà l'explication ! mon château de sable a pris un gros coup de vent et depuis j'erre dans les volutes et j'y vois rien j'en ai plein les yeux ! quand j'atterris je te le dis, ça va souffrir dans mes murs :-))bonne semaine à toi et aux tiens !

Planeth 24/09/2007 11:27

Tu es tellement dans un vent de sable que j'avais loupé ton com! comment va-tu aujourd'hui?

papa de Lili 15/09/2007 14:18

L'ours Baloo chante "Il en faut peu, trés peu pour être heureux...!" C'est tellement vrai au fond! Explication de texte: ma fifille a un blog " les tribulations de Lili!" et elle est aussi scénariste de B.D. Et son premier album vient de paraître, alors le vieux paon que je suis fait la roue et me voilà heureux! Mais vous n'avez pas tord non plus si on y pense! Amitiés. Papa de Lili.

Planeth 15/09/2007 15:40

Ah mais c'est pas incompatible, je n'ai pas dit  qu'il  fallait sombrer dans l'ataraxie!! profiter de la vie , oui voilà un beau programme, et être fier des siens, ça en fait partie!être surpris par eux!