Trapèze volant et psychologie....

Publié le 5 Novembre 2007

                Ce week-end, nous étions au festival du vent, à Calvi.
   Autant dire deux jours de vacances où on joue au spectateur souriant.
En tant que parent la tentation peut être comme toujours de s'exclure automatiquement de tout ce qui se joue.


Là il s'agissait de trapèze volant.

J'avais bien-sûr la certitude que mes deux gars auraient eux, la volonté et le courage de se lancer de la plate-forme à quelques 8 mètres de hauteur. Nous allions pouvoir, mon dou' et moi, jouer aux parents bienveillants et confiants, assis le cul dans le sable, prêt à shooter sur les exploits. Juste des spectateurs.

Mais le maître du jeu en avait décidé autrement. Et n'acceptait les enfants qu'accompagnés d'un au moins des  parents.
Voilà.
Anesthésiée, je me suis mise docilement dans le petit groupe, rien n'allait m'arriver, rien ne pouvait m'arriver, j'était une maman, une grande, quasi une vieille quoi..

Sur la plate-forme j'ai réalisé que si, en fait si, même si je disais "j'ai peur", il faudrait quand même qu'au "hop", je saute à pieds joints dans le vide.
Le but n'étant pas de raconter ce truc là, je file direct à la conclusion: j'ai adoré ça, on l'a refait trois fois, en fait on a passé les deux jours en dessous de la structure tubulaire sur la plage. (Je ne voudrais pas cafter pas mais quand même  dou' ne s'est jamais décidé à monter. La prochaine fois, j'en suis sûre)


    Comme je ne suis pas gaspilleuse (je tiens ça de ma mère) j'ai tiré de cette expérience cette maxime modeste et géniale:
On se fixe nous-même nos propres limites.
Oui.

Une fois qu'on a dit ça, n'est-ce-pas...
Mais quand même, ça fait réfléchir. La plupart du temps, on se dit: "je ne suis pas capable de...", ou: " ça je peux le faire, mais pas plus..."
C'est dingue. Notre petite cervelle de moineau s'arroge le droit de tout régenter dans la maison! De quel droit? Y a plein de ressources du sol au plafond, mais encore faut-il s'ouvrir la porte..
Notre ordinateur corporel est friand de tout, et on le prive, nos capteurs, nos turbines, nos moteurs à propulsion, tout un tas de technologies super pointues se disputent pour voir un peu la lumière dans notre vaste usine à gaz personnelle, et nous on est là et on dit: non non, .. Quelle gigantesque frustration..

Bon ok je suis plongée en ce moment dans des bouquins de psycho, enfin du lisible pour moi n'est-ce pas, parce que sinon "je ne serais pas capable" (hum), bref je me noie avec bonheur dans les ouvrages d'analyse transactionnelle, c'est fou ce que c'est réjouissant d'ouvrir le capot. Harry potter à côté c'est de la gnognotte, mon polar à moi, c'est de découvrir les scénarios, les injonctions, et tutti quanti, et faut être un fin limier je vous le dis.
Bref je m'amuse énormément.

Et je suis tombée en arrêt, tel le setter irlandais à l'aube dans les ajoncs, sur cette phrase magnifique:

(oui je sais deux phrases magnifiques dans un seul billet c'est beaucoup)

Préjugé parental: Un individu est mature quand il fait les choses à ma façon, et immature quand il les fait à la sienne.(cf:"Que dites vous après avoir dit bonjour" Dr Eric Berne)

Elle est chouette celle-là. Elle me cloue. Je suis en plein dedans là, avec deux garçons de 12 et 15 ans qui ne demandent qu'à.
C'est tellement drôle, c'est tellement exactement ça.
      Et en même temps on est si émerveillé de les voir agir avec leur réflexion, leurs talents, et découvrir leur mode de fonctionnement.
Mais on est toujours rattrapé par son Parent normatif (faut suivre, c'est de l'AT, ;0))
       Parce que quand même, s'ils n'ont toujours pas commencé leurs devoirs pour la rentrée (Jeudi donc) alors qu'on est Lundiiii, oui Lundi, il faut que je fasse quelque chose, non?
Peut-être que non, surtout pas.
Poussons le bouchon:
Ils n'assument par leur boulot, soit parce que d'habitude vous leur faites la guerre pour le faire, soit parce qu'ils ont vraiment un petit brin de paresse par là.
Que va-t-il se passer?
A la rentrée, ils vont assumer leur manque de travail.
Et ça c'est grand:  assumer, prendre la responsabilité de.
On oublie qu'à l'école ils passent leur journée à assumer. Quand ils reviennent à la maison, on fait comme si on passait notre vie à réfléchir à leur place. Mais la vérité c'est qu'ils ont commencé depuis longtemps à s'affranchir de nous.

Et ainsi on peut imaginer qu'ils utilisent leur machine-cerveau et leur machine-corps, leur outil-psychologie, leur intuition, leurs sens, leur adresse personnelle à réagir face aux évènements et à trouver la réponse la plus adaptée.

Non, nous n'avons pas été des mauvais parents parce que nous n'avons pas hurlé toutes les heures: "attention, il faut faire vos devoirs, pensez-y!!"
Au contraire, je pense de plus en plus qu'en faisant ça on aurait brouillé les cartes, les tirant vers le bas, vers la dépendance..

Bon mais...

Je l'ai quand même dit ce matin

...Euh, vous pensez à vos devoirs?

J'ai encore du boulot à faire sur mon moi-même!!

 

Rédigé par Planeth

Publié dans #pensées dans le miroir

Commenter cet article

papa de Lili 12/11/2007 16:55

Pour impressionner les enfants rien de tel que de savoir sauter le pas!Surtout d'un trapèze! Bravo, faut l'faire. Amitiés

pythie 11/11/2007 18:35

tu as un don pour passer d'un sujet à l'autre mine de rien ... c'est incroyable !  le rapport direct entre le machin-cerveau, les devoirs et la trapèze ... y'a que toi pour l'inventer !!bravo quand même !!!

Planeth 12/11/2007 07:39

ce serait pas passer du coq à l'âne sans passer par la bergère? désolée, quand je secoue mon cerveau ça tombe dans le désordre!! ;0))))

papa de Lili 09/11/2007 13:57

Rien ne vaut la valeur de l'exemple, surtout quand il vient "de haut"!(fallait le faire.) Pour les devoirs, Bof, ça va, ça vient.....Amitiés.

Planeth 09/11/2007 22:30

tu t'en tires par une pirouette (ou un salto) hu hu hu!

eryn 06/11/2007 20:56

moi j'oublie tout le temps de le leur dire. Et même de vérifier. J'oublie tout court et après je tombe des nues autant qu'eux LOLmerci pour la haute-voltige venteuse et psychologeuse :-)

Planeth 06/11/2007 21:38

ben j'aimerais bien pouvoir faire comme ça, mais c'est comme pour l'heure, faut tout le temps que je sois au poil près , t'sais que c'est pathologique à c'point! ;0D   mais je lâche, je lâche, youhhhhhhhhhh

mab 06/11/2007 11:11

Tu me laisses sans voix mais d'un autre côté c'est une chose que j'aurais faite à ton age, quant aux devoirs mercredi soir il sera grand temps.

Planeth 06/11/2007 11:44

je pense que mercredi soir vers 23h sera une heure propice pour grand ainé qui aime me sentir frémir...je ne frémirai pas! ;0))quand au trapèze, je t'encourage vivement! ;0))