Où étais-je?

Publié le 28 Janvier 2008

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ce n'est pas moi, mais mon frère, j'espère qu'il ne m'en voudra pas!!



   Hier , je suis partie courir en solo. 

    Ben oui, je vais bien devoir m'y faire pour quelques semaines, tout faire en solo: crier sur mes garçons, commenter l'actu accablante, faire le repassage...tout ça tout ça...

    Or donc, comme ce n'était pas la grande forme j'ai pas mal marché aussi,  le soleil commençait à battre le retour, ça se taisait, un peu de froid picotait le dessus des oreilles, mais juste assez. Je prends le "chemin de l'architecte".
    Ce qu'il a pour lui, ce chemin, malgré son tassement de cailloux agaçants, c'est son talus dans les chênes verts.
     Oui, dit comme ça, ça n'a l'air de rien, mais on longe cette grosse épaule charnue de rochers, avec par dessus une bonne couche de terre  noire et plein d'arbustes tout fous. On s'appuie bien dessus, c'est réconfortant déjà. Mais on oublie toujours de remonter le regard au-dessus du plein.  
En haut là-haut on aperçoit derrière le treillis de branches le ciel blanc.. 

    Peut-être qu'il y a un champ derrière, quelque chose que de toutes façons on ne peut pas voir de la route, et comment y accède-t-on, c'est ça qui est passionnant.

    Il faudra qu'un autre jour, je me faufile moi aussi dans la sente de lapin, j'espère qu'une  bête plus grosse aura eu l'idée de s'y glisser avant moi, pour que je ne sois pas trop emberlificotée comme un gros sanglier barbant.


    J'étais où, tous ces temps-ci? A faire des choses utiles?  

    Bon d'accord, j'ai peint, mais depuis combien de temps je ne me suis pas arrêtée comme ça près de ce beau talus par exemple, pour lui parler, commenter sa hardiesse, ses secrets, me tenir complètement immobile parce que sous  l'enchevêtré, j'ai entendu un froissement. 
   J'ai les yeux comme deux petites barres métalliques qui essaient de forcer le feuillage.
   Repérer le moindre mouvement, c'est ça le truc. Le bruit n'a rien à y faire, il est toujours menteur, on attend un mouton, c'est une musaraigne.

Le moment où on attend est le meilleur temps du monde.

   Je sais pourquoi je ne suis pas nostalgique de quitter ce si beau pays.

   Quand c'est l'hiver, je dis à mon Dou': Regarde sur les collines, comme ces couleurs sont belles. Il regarde et il me dit: Ben...c'est marron?
Regarde, me dit-il quand nous sommes face à la baie de Saint-Florent toutes voiles dehors, un soleil pétant, une eau d'azur, regarde comme c'est magnifique.
Et je dis oui.

   Mais entre nous, ce qui me plait, c'est par exemple ce chemin avec son bon talus, et puis ces deux prairies qui l'encadrent .
 Là il y a une barrière un peu beige et grise, très bien dessinée. 
Depuis qu'il a tant plu, l'herbe n'est plus verte, elle est fluorescente. Par dessus, une très jolie petite vache fauve et blanche  est couchée, tranquille. On pourrait l'avoir déposé là exprès, sans toucher au poils tant ils sont duveteux et l'air extrêmement doux.
Elle me regarde, assez étonnée.

   J'entends  un grelot de l'autre côté . Un ruisseau. Il n'y était pas la dernière fois, enfin pas tant, et plutôt bouillasseux .  Là,  il est très allègre, très transparent aussi, il joue avec les pierres, d'où son grelot. Je lui souris .

Ce coin est tout plat entre les collines, un espace avec du lointain, un ruisseau qui serpente dedans, là-bas une maison bien en peine, elle peut juste servir à abriter les veaux. Elle fut belle.  
Des peupliers? Si, il me semble, non peut-être pas, alors des saules sans doute qui se font remarquer pour leur remarquable discrétion. 
En tout cas ça fait bien.  On dirait qu'on est rentré quelque part et qu'on a fermé derrière soi. Tranquille.

    C'est donc ce genre de paysage qui m'éblouit. 
   Parce que je suis tellement imprégnée sans doute.
 La campagne de mon enfance, c'était une gentille campagne avec des prairies et des talus, des bosquets, des petits bois, des feuilles mortes dans des chemins crevés d'ornières de tracteur. L'autre jour m'est revenue en plein la ligne de petits pommiers qu'on longeait en revenant des vaches ( j'allais  chez mon copain à la ferme, absolument interdit par mon père...)
C'est pas du grandiose, on ne fait pas ahhhh, ben la la... On a juste envie de sourire.
je continue la prochaine fois.

Rédigé par Planeth

Publié dans #Les décors sont de Roger Hart ...

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papa de Lili 31/01/2008 11:19

Chênes verts, peupliers, saules..... Et avec tout ce feuillage une chronique pleine de ''charmes''. Amitiés

Planeth 31/01/2008 15:56

Tu t'y retrouves dans mes feuilles! ;0))

mab 30/01/2008 07:56

C'est bien ce que je disais c'est ton Dou qui t'empêche d'écrire

Planeth 30/01/2008 13:53

Dis, tu lui en veux à mon Dou'!! ;0)))  Maisc'est vrai , plus de solitude c'est plus de mots à écrire...

Loïs de Murphy 29/01/2008 19:15

Heu... Oui, mais si tu t'en es aperçue toute seule... héhéhé :o)

Planeth 30/01/2008 13:52

Oui, avec chagrin...mais paresse....

Maryline 29/01/2008 18:09

Marc ou Yves ?J'aime bien quand tu prends la plume. Pas besoin de fermer les yeux on voit ce que tu regardes.A bientôt.

Planeth 30/01/2008 13:52

C'est Yves! ça devait être en 62, genre...  Facile, tu connais! ;0))biz

Maryluz 29/01/2008 09:51

J'adore ce photo...Elle me provoque una grande , grande sourire...Merçi de  partager le iciSaludos

Planeth 30/01/2008 13:51

Oui hein,  elle me trouble beaucoup aussi cette photo!Merci de ta visite Maryluz,   dommage, je ne suis pas assez bilingue pour comprendre ton univers! ;0)