Nomade ou sédentaire, part two

Publié le 11 Mai 2009

edit de mardi: ça bosse dit le chameau...:


 




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Oui, j'ai mis "part two" parceque j'avais déjà fait un billet là-dessus  mais j'arrive pas à remettre la main dessus, si quelqu'un...

brefle..


Ça me reprend, cette idée sotte et grenue. En fait on en a reparlé l'autre jour avec mon frérôt, qui lui est sacrément nomade sur les bords et puis aussi au milieu.

Est-ce qu'on choisit ça d'abord? D'être l'un ou l'autre, veux-je dire. Depuis que je suis petite, j'ai dû déménager 40 fois, et j'exagère peut-être même pas. Entre le pater familias un peu remuant, puis ma vie hasardeuse de jeune adulte, mes multiples renoncements et périgrinations, puis nos virevoltements avec Dou', ça fait du chemin.

Pour autant je crois que depuis que je suis femme (de) et mère, je me sens extrêmement sédentaire, dans le sens ou je ne suis plus un électron libre, j'appartiens à une sorte de mini clan qui se déplace  par quatre, par trois, par deux, quasiment jamais en solo.

Le bout de mes doigts touchent toujours quelque chose de familier, mon regard recontre toujours quelque chose de familier, mon esprit  , ma parole, mon ouïe rencontrent toujours quelque chose de familier, d'intra familial même.

Cela a une signification très importante: on est jamais en contact direct avec le monde extérieur. On est jamais seulement soi.

Cela a-t-il une importance? Pour moi aujourd'hui sans doute puisque cette pensée est installée entre mes deux cerveaux comme dans un gros fauteuil et ne veut pas s'en éjecter.

Se départir de sa famille, c'est se mettre à nu, sans doute, s'éprouver, se rencontrer.

Après ce long travail de retrouvailles que j'effectue depuis quelques mois, ça vient comme une sorte de besoin de mettre en pratique tout ce que j'ai mis à découvert.  Se reconnaître au sein de son nid, certes, c'est très joli, mais dehors, là-bas, loin?


Bien-sûr, je n'imagine pas ça comme une épreuve, mes papilles salivent, mes neurones sautillent comme des lampions dans le vent à l'idée de ce que ça pourrait être.   Mon héroïne absolue, Alexandra David Neel, me sourit avec sa face barbouillée de suie et hoche de la tête...


En y réfléchissant, c'est pas nouveau cette histoire,  que ce soit du côté paternel ou maternel.
Le père de ma grand-mère Fourneron, ingénieur (il faisait des ponts) est devenu bey en Egypte (du coup Germaine , sa fille, est née au Caire) .  Ernest, le père de maman,(le mari de Germaine donc) emmena à New-York  un grand bateau à vapeur de l'époque. Tous mes oncles  des deux côtés sont partis travailler à l'étranger, mon père lui même avait choisi l'agronomie tropicale, pour pouvoir partir lui aussi.

L'arbre est voyageur..  Il est bien possible que ce qui me démange soit simplement un patrimoine génétique de la poudre d'escampette.


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Bivouac dans un pressoir à huile, Espagne(88)


Bivouac avec frérôt dans Sierra de Guara, 1990

Rédigé par Planeth

Publié dans #pensées dans le miroir

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Lyjazz 16/05/2009 10:30

Merveilleux de voir la création en marche.C'est ça que j'aime sur ton blog : tu donnes à voir par bribes les sensations qui te permettent d'aller plus loin vers toi... et on voit le résultat en peinture !Faiblesse et force mélées, comme toujours dans la création. Et nos peurs qui nous servent de freins, qu'il faut aplanir et sortir de la route. J'aime ça !

Planeth 19/05/2009 10:00


Et les peurs qui sont si bien déguisées en "raisonnabilité", "ça se fait", "ça ne se fait pas", etc...!  la peinture est une compagne douce ou harpie, qui dit "la, la, la, ça va;.." ou bien
"crie, mais crie donc!!" ;0)   , en ce moment elle est très douce, ma mie.


Papa+de+Lili 14/05/2009 12:14

Comme j'aime ces toiles qui évoquent des mondes sans limites ou la liberté semble totale... C'est tellement appaisant! Ce sont des portes vers l'éternité... Merci de nous les offrir!Amitiés.

Planeth 14/05/2009 13:59


Et merci à toi de me dire ton ressenti, je n'ai d'avis propre sur ce que je fais que bien longtemps après, le plus souvent!
Amitiés itou!


Nadège 13/05/2009 13:59

Bonjour Aneth, tes dernières peintures sont très épurées, proches de l'estampe japonnaise, j'e ressens pas mal de choses en les voyant.Alors tu as une âme de découvreuse, j'ai pensé en te lisant aux fugues répétées et aux nombreux voyages de notre grand Arthur Rimbaud... une manière d'aller au bout de soi surement.

Planeth 14/05/2009 13:58


Wow , merci du compliment Nadège!!   j'ai fini par me rendre compte qu bout d'un moment que j'allais vers le paysage.. mais toujours peur des gros sabots.
Bon et bien si tu penses à Rimbaud, je suis aux anges! ;0)


Loïs de Murphy 13/05/2009 10:09

1 2 et 4.Moi aussi j'ai déménagé plus de 40 fois :o)

Planeth 13/05/2009 10:39


Cool, les trois derniers... ;0)

Et dé'méningé combien? 


Myriam L 12/05/2009 10:05

Le prénom de ma fille ainée est celui de David-Neel. Pas de voyageurs dans l'arbre mais un certain nomadisme (ou instabilité ? )  puisque 22 déménagements au compteur. A défaut de contrée (les obligations professionnelles ou familiales), besoin de s'approprier d'autres espaces même si c'était trois rues plus loin ! Tiens, pour poursuivre le clin d'oeil et la complicité, je fais un tirage yi-king : 47

Planeth 13/05/2009 10:36


47...! comme tu y vas! ;0)     j'accords pour le lien

Et toi, on t'appelle Temps'errance ?