Les questions et les réponses...

Publié le 24 Juin 2009



Observer les oiseaux, ce n'est surtout pas les chercher, vouloir les trouver, les scruter d'une façon inquisitrice.

Si on s'arrête, comme transparent, comme un feuillage soi-même, les yeux balayent la végétation, ou mieux ils ne font rien, ils sont comme deux lucarnes tranquilles, on n'est qu'une vaste lucarne tranquille.

Un mouvement, un froissement d'aile, un éclat blanc, et l'oeil se pose sur l'oiseau. Il ne le prend pas, il ne le capte pas, il l'effleure.
 Un autre bruissement quelque part et notre regard recueille quelques battements, un mouvement de la nuque de l'oiseau.. même sans en avoir l'entièreté, on devine par son geste, parfois, quel est l'oiseau.


Observer une personne devrait tenir de la même respiration: ne pas capter , ne pas jauger, ne pas prendre, laisser le regard effleurer, la conscience de l'autre se faire, deviner, sans s'appesantir, laisser l'idée prendre corps.


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Photo F.Patay


  Courir le matin dans la forêt, ça permet parfois de mettre en mots les multiples signaux que l'on perçoit au fil de nos périgrinations internes..  J'appelle ça débobiner la bobine.

Je suis en train de m'approprier le livre parfait de Steven Forrest (avec un nom pareil forcément): Le Ciel intérieur. Comme me l'a fait remarquer ma copine C, il se boit comme un roman. Et plus encore, il s'infiltre , on l'absorbe comme une vague douce montant sur la plage des Dames.

Moi qui crie victoire à chaque fois que je pense avoir décodé un morceau de mes corridors intérieurs, je commence à comprendre que des portes, il y en a un certain nombre, et que ce n'est pas en en ouvrant une ou deux qu'on a les réponses à toutes nos questions.

Il y a la porte de "comment je me positionne face à l'autre", la porte de "sais-je donner, sais-je recevoir?", la porte de "donnez moi des questions, pas des réponses", enfin là je parle pour moi..

        Donc ce matin en courant, j'appréhendais le fait que si ma vie n'est qu'un flot de questions continu, ce n'est absolument pas un souci pour moi, et je ne veux pas qu'on me donne des réponses, je veux qu'elles s'insinuent en moi lentement, comme absorbées par ma respiration, je veux continuer à penser que certaines n'appellent pas de réponses dans cette vie-ci, je ne me sens vivre que dans la quête, pas dans la certitude.
Ma peinture est à l'image de ça, je ne me positionne pas dans la certitude de ce que je veux représenter, je suis sur un cheminement  peut-être intuitif, mais yeux et oreilles ouvertes,  quelque chose doit venir sur mes toiles, mais qui l'amène, est-ce moi? pas sûr, en tout cas pas besoin d'avoir la réponse à cette question.

Maintenant, l'évènement de ce dimanche m'a montré un autre secteur de ma forteresse, et le mot est choisi à dessein.
Une lune en Cancer en maison VII pouvait signifier pour moi (et c'est jusque là ce que j'en avais traduit) un besoin de cocon familial, une tendance mère poule, un surinvestissement de la relation de couple et parentale.
Bien que cette image ne soulève pas chez moi une adhésion totale, je m'en contentais.

Mais la lune en cancer m'apprend en fait bien autre chose:  le fameux bouton ON/OFF, l'art et la manière de créer autour de son soi émotionnel une paroi aussi inviolable que de l'acier.
Le drôle de la chose, c'est que le virtuel, sans dangers, fait tomber toutes mes défenses: mon coeur se fissure ou implose devant un film, en écoutant une musique, en lisant un texte. Il faut bien que ça passe par un canal de dérivation!
Mon mercure en ascendant s'agite comme un lutin aux multiples visages, et j'adapte mon comportement aux circonstances, comme un caméléon. Donner le change..

    Y-a-t-il quelque chose à modifier à cela, est-ce un mal, est-ce un bien? 
Si j'en suis à me poser ce genre de questions, c'est que la petite personne"je ressens" planquée comme une souris demande de l'air,  mais ne trouve pas la clé.

Car mon urgence à moi aujourd'hui, c'est le besoin de donner,

mais si je ne sais pas recevoir, mon offrande sera vide.

Rédigé par Planeth

Publié dans #pensées dans le miroir

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Lyjazz 03/07/2009 12:09

Bref passage pour prendre des nouvelles, depuis la méditerranée, dans l'odeur de pin des vacances.....A propos de cette phrase : Observer une personne devrait tenir de la même respiration: ne pas capter , ne pas jauger, ne pas prendre, laisser le regard effleurer, la conscience de l'autre se faire, deviner, sans s'appesantir, laisser l'idée prendre corps.Je suis entièrement d'accord. Je sens ça aussi quand je prends des photos sur scène souvent. Les musiciens, dans leur jeu, se livrent souvent. C'est un véritable bonheur et une grande leçon de les observer, de déterminer rapidement leur humanité, leur qualité, juste à les voir évoluer, jouer, regarder leurs collègues, faire corps avec leur instrument. Ne pas juger, mais sentir, les affinités, les émotions qui passent dans la musique et que je traduis en images...Sinon, les étoiles, les planètes, je ne sais pas, je suis de plus en plus hermétiques à ça : pourquoi nous dirigeraient-elles, pourquoi cela serait-il écrit dans le ciel ? pourquoi pas le libre arbitre seulement ? Et après tout, je pense quand même que mon destin, je le fais, mais il vient de loin aussi.... c'est une idée qui creuse et qui tournoie en moi. Pas le temps, alors commentaire en vrac sur plusieurs billets...J'ai peu d'ami, je ne me lie pas facilement, et de façon plus vraie virtuellement parce que souvent par écrit. Je suis une bonne compagne pour moi même et j'ai peu besoin de contacts sociaux. Mais je me sens ouverte à d'autres quand même. Et, comme toi, je pense bien être dans l'émotionnel et le contrôle à la fois....

Planeth 13/07/2009 19:34



Ah tu vois! (pour le destin que tu sens venir de loin!)


 


Ouverte mais pas "en besoin" quoi de mieux finalement! j'ai eu besoin d'amies car je n'en avais pas eu depuis très très longtemps, de vrai je veux dire, et il semble que ces dernières années
soient plus douces avec moi de ce côté!!



mab 26/06/2009 06:20

Assez d'accord avec toi pour YAB.

Planeth 28/06/2009 18:17



Ce qui ne m'empêche pas de continuer à penser que son reportage "six milliards d'autres" était une belle idée, rendons à César...



Papa de Lili 25/06/2009 11:05

Le fait de donner, de recevoir n'est en soi qu'une façon d'approcher l'autre... Tout se raméne à une question de sentiment personnel! Si tu veux des questions j'en ai une. Dans quelques jours je mettrai en ligne sur mes "Farfeluseries" un article (je suis en train de le pondre!) qui (me) pose une question... Je te préviendrai!Et encore une fois ta peinture est pour moi un vrai bonheur!Amitiés.

Planeth 28/06/2009 18:10


Merciiii!
et ta question, l'as-tu posée? je m'en va voir!


mab 25/06/2009 06:25

Je trouve que recevoir est bien plus difficile que donner, et toi tu es la spécialiste pour nous donner du grain à moudre dans nos réflexions-questions, en fait les réponses peuvent attendre.

Planeth 28/06/2009 18:09



Recevoir suppose un "vide", une place, un espace libre à l'intérieur de soi, comme une jarre, on a souvent du mal à préserver cet espace, non?

Pour le grain, j'en a 'core  d'aut'! ;0)