edit de jeudi 16h:Home
C'est marrant, je n'étais pas encore allée voir le film "Home" sur internet..
Pourtant j'ai bien aimé jusqu'ici les films "très jolis" que fait YAB du haut de son hélico, même si légèrement agacée voire ironisante quand à son emphase un peu boy-scout.
J'avais beaucoup aimé l'idée de ce reportage de plusieurs heures sur des gens de pays divers et variés, tentant de donner chacun leur définition du sens de la vie, de la famille,
du bonheur, etc...
Et là, comme un arrêt sur image, un doute, une suspicion?
Sur ce "très-joli-film-vu-d'hélico"?
En entendant aujourd'hui l'émission de Mermet, effectivement, cette mise en scène a comme un goût, un sacré goût de rance même, il semble que ce film ait été financé par de
grandes enseignes très friquées, pas très bien traitantes de leurs employés (FNAC), pas très respectueuses de l'environnement (fauteuils toxiques de Confo) etc etc..
Comme un goût? Comme un dégoût, serait plus juste.
Comment appelle-t-il ça, Mermet? de l'éco-tartufferie...
C'est juste minable... et dangereux, et hautement toxique pour la planète.
Je n'irai pas voir "Home" sur internet.
edit de jeudi:
Observer les oiseaux, ce n'est surtout pas les chercher, vouloir les trouver, les scruter d'une façon inquisitrice.
Si on s'arrête, comme transparent, comme un feuillage soi-même, les yeux balayent la végétation, ou mieux ils ne font rien, ils sont comme deux lucarnes tranquilles, on n'est qu'une vaste lucarne
tranquille.
Un mouvement, un froissement d'aile, un éclat blanc, et l'oeil se pose tranquillement, sereinement, sur l'oiseau. Il ne le prend pas, il ne le capte pas, il l'effleure.
Un autre bruissement quelque part et notre regard recueille quelques battements, un mouvement de la nuque de l'oiseau.. même sans en avoir l'entièreté, on devine par son geste,
parfois, quel est l'oiseau.
De la même façon, quelques feuilles chuintantes au bas du chêne, et la pupille s'affine comme celle d'un chat, pour caresser dans la tangente le mouvement d'un lézard, d'un souriceau, d'un
orvet...
Observer une personne devrait tenir de la même respiration: ne pas capter , ne pas jauger, ne pas prendre, laisser le regard effleurer, la conscience de l'autre se faire, deviner, sans
s'appesantir, laisser l'idée prendre corps.
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Oui, je
sais, je l'ai déjà mise, mais j'en adore l'atmosphère et ça me rappelle de bons souvenirs, cette maison, les meilleurs...
Courir le matin dans la forêt, ça permet parfois de mettre en mots les multiples signaux que l'on perçoit au fil de nos périgrinations internes.. J'appelle ça débobiner la
bobine.
Je suis en train de m'approprier le livre parfait de Steven Forrest (avec un nom pareil forcément): Le Ciel intérieur. Comme me l'a fait remarquer ma copine C, il se boit comme un roman. Et plus
encore, il s'infiltre , on l'absorbe comme une vague douce montant sur la plage des Dames.
Moi qui crie victoire à chaque fois que je pense avoir décodé un morceau de mes corridors intérieurs, je commence à comprendre que des portes, il y en a un certain nombre, et que ce n'est pas en
en ouvrant une ou deux qu'on a les réponses à toutes nos questions.
Il y a la porte de "comment je me positionne face à l'autre", la porte de "sais-je donner, sais-je recevoir?", la porte de "donnez moi des questions, pas des réponses", enfin là je parle pour
moi..
Donc ce matin en courant, j'appréhendais le fait que si ma vie n'est qu'un flot de questions continu, ce n'est absolument pas un souci pour moi, et je
ne veux pas qu'on me donne des réponses, je veux qu'elles s'insinuent en moi lentement, comme absorbées par ma respiration, je veux continuer à penser que certaines n'appellent pas de réponses
dans cette vie-ci, je ne me sens vivre que dans la quête, pas dans la certitude.
Ma peinture est à l'image de ça, je ne me positionne pas dans la certitude de ce que je veux représenter, je suis sur un cheminement peut-être intuitif, mais yeux et oreilles
ouvertes, quelque chose doit venir sur mes toiles, mais qui l'amène, est-ce moi? pas sûr, en tout cas pas besoin d'avoir la réponse à cette question.
Maintenant, l'évènement de ce dimanche m'a montré un autre secteur de ma forteresse, et le mot est choisi à dessein.
Une lune en Cancer en maison VII pouvait signifier pour moi (et c'est jusque là ce que j'en avais traduit) un besoin de cocon familial, une tendance mère poule, un surinvestissement de la
relation de couple et parentale.
Bien que cette image ne soulève pas chez moi une adhésion totale, je m'en contentais.
Mais la lune en cancer m'apprend en fait bien autre chose: le fameux bouton ON/OFF, l'art et la manière de créer autour de son soi émotionnel une paroi aussi inviolable que de l'acier.
Le drôle de la chose, c'est que le virtuel, sans dangers, fait tomber toutes mes défenses: mon coeur se fissure ou implose devant un film, en écoutant une musique, en lisant un texte.
Il faut bien que ça passe par un canal de dérivation!
Mon mercure en ascendant s'agite comme un lutin aux multiples visages, et j'adapte mon comportement aux circonstances, comme un caméléon. Donner le change..
Y-a-t-il quelque chose à modifier à cela, est-ce un mal, est-ce un bien?
Si j'en suis à me poser ce genre de questions, c'est que la petite personne"je ressens" planquée comme une souris demande de l'air, mais ne trouve pas la clé.
Car mon urgence à moi aujourd'hui, c'est le besoin de donner,
mais si je ne sais pas recevoir, mon offrande sera vide.
Koikadi?