La légèreté de l'être,

Publié le 6 Juillet 2009

edit de 22h59:        revoir "Vestiges du jour" ,   cette souffrance magnifique et absurde..  Anthony Hopkins et Emma Thompson... et les tripes en marmelade évidemment.

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"Et si tout ça n'existait pas..". (air connu)

     Retour à Dhagpo,
Nous ne sommes plus dans les brumes d'Octobre, dans le blanc qui monte des vallons, dans le craquement des branches humides et noires, les silhouettes devinées au matin, le stupa embué de vapeurs fuligineuses.

Non, nous sommes aux jours d'été, aux herbes longues et d'un vert si pâle si pâle, les prairies sont blond cendré,  la brise fait danser les hirondelles.

Au sommet de cette colline de Landrevie, douce comme un ventre, accueillante comme une épaule, Dhagpo est niché , aussi discret qu'un nid de caille dans un champ.

Le visiteur qui passe trop vite pourrait ne pas l'apercevoir, quelques voiles de prières claquant au vent, vertes, rouges, blanches,  la pointe du stupa émergeant à peine du creux où il se cache,  les bâtiments sont tout ce qu'il y a de plus régionaux, pas de temple ,dorures, mugnifiscence exotique...

Rien ne laisse présager  la foule qui va envahir le site au mois d'Août pour la venue du Karmapa, à part d'immenses tentes blanches dressées sur les prairies environnantes.

Tout est serein.

Pour prolonger les bases perçues cet Automne, je nous avais inscrit à un stage de deux jours: "Les 4 placements de l'attention" .
L'approche était toute théorique même si entrecoupée de quelques séances de méditation, et fournie, et multiple, 

je vous fais grâce des infinis prolongements,  pour résumer,:  

Tout est construction de l'esprit

C'est drôle, on pourrait imaginer beaucoup de sortes de réactions à cet enseignement, bp d'interrogations, mais il ne semble naturel à personne de penser à l'aspect positif de cette "clairvoyance"
Personne ne nous demande pourtant de ne plus aimer nos proches, notre vie, de quitter nos maisons et nos emplois pour errer sans but, mais c'est comme s'il en était question.
Personne ne pense: mais alors moi aussi je suis dans l'impermanence à chaque microseconde.

Et pourtant, quel afflux d'oxygène, quelle fichue liberté cela donnerait de l'envisager.

Quitter  l'espèce de statuaire que l'on imagine devoir présenter au monde , l'espèce d'aperçu figé dans l'espace, permettre à l'autre cette fugacité, cette vivacité, cette permanente évolution, ce bouillonnement de particules..


Se permettre d'échapper aux sentiments dits normaux: la colère parce qu'on nous fait du mal, la jalousie, la rapacité, s'autoriser à la voir se diluer en une seconde, profiter du sentiment d'amour qu'on peut éprouver pour autrui sans "saisir", sans "prendre"..

Bref, on peut imaginer toutes les occasions dans la vie où ce sentiment de fugacité extrême, de transparence extrême, serait d'un grand secours.


A et Dördjé
 

PS:

Et sinon, dormir sous la tente ou à la belle étoile, et éprouver à quel point c'est ça qui me manque d'habitude, l'air autour, le vent léger sur la figure, et pas de murs..




Rappel de cet Automne:

Rédigé par Planeth

Publié dans #pensées dans le miroir

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Lyjazz 12/07/2009 10:33

J'ai une amie qui dit "l'amour est toujours la réponse", surtout au sujet des conflits potentiels dans les familles. Je trouve que ça continue bien cette idée d'impermanence. Et sinon : oui, dormir dehors, c'est aussi un de mes bonheurs.

Planeth 13/07/2009 19:30


C'est beau ça! j'aimerais que ça soit vrai pour moi, malheureusment je me laisse si facilement emmener par la colère parfois (de moins en moins je trouve)

oui j'ai croisé ton récit! drôle!!


mab 07/07/2009 06:07

Le charme des Vestiges agit toujours même à la 4ième fois.

Planeth 13/07/2009 19:30


charme douloureux ...