Aujourd'hui c'est la sainte Chiante!

Publié le 21 Février 2007

20H06.  

Aujourd'hui, il valait mieux m'oublier, oublier qu'on avait pu être mes enfants ou mon mari, ma copine, ou une simple relation, oui  m'oublier complètement. J'étais en mode: "tout me fait chier" .

   Ca commence dès le matin , avant même de me lever, je sais. J'ouvre un oeil puis deux, et hop mon cerveau entre en ébullition, quelqu'un m'a fait quelque chose, à un moment, contre qui vais-je pouvoir me mettre en colère, et je commence à m'engueuler avec Mme Machin, sous ma couette , alors que tout est calme et serein dans la maison. Au bout d'une heure de ce registre, et une fois que j'ai écumé tous mes arguments et passé en revue tous ceux de la partie adverse (qui ne se laisse pas faire, la vache),  que je me suis retournée bruyamment soixante douze fois et demi, en poussant même un peu des soupirs, quand j'ai tout essayé pour me rendormir paisiblement en pensant à toute la paix et la lumière dans ce monde (gulp) en mettant la main sur ce shakra là et l'autre main sur cet autre là, une fois que j'ai testé toutes les visions d'Eden qui seraient susceptibles de m'apaiser, je saute du lit. 
   Il a plu... evidemment des chaussures sont restées dehors, de petits indices s'accumulent à mes yeux pour débuter la journée en fanfare, la machine à laver n'a pas lavé. En passant , (vite vite me faire un thé) j'aperçois dans la salle de bain de mimi, les choses sâles qui traînent par terre, elles n'ont pas eu la force, les chéries, de sauter dans la machine toutes seules...je soupire..

Dès que tout le monde sera levé, je gratifierai chacun de remarques acides, tout en ayant l'impression de faire un max d'efforts pour paraitre super cool, je programmerai les trucs désagréables à faire, les devoirs, les rangements, histoire que je ne sois pas la seule à en baver ce matin..

Quand j'en parle à monsieur doudou, il prend son air de Saint Gabriel, et me dit "mais non, je n'ai rien remarqué"

  Pour qu'il remarque bien à quel point je suis de méchante humeur et désespérée par la vie, je lui conte par le menu toutes les épouvantables choses qui m'arrivent: la Redoute a oublié de me mettre le cadeau dans le colis, mes chaussures sont trop petites, le scooter de grand dada est à moitié en panne, les gens ne viennent pas faire de commentaires sur mon blog naissant, et... et, je ne sais pas quoi faire à manger ce midi...

  Rien que le fait de débiter toutes ces choses somme toutes assez dramatiques c'est vrai, un peu de vapeur s'échappe de ma cocotte, je me sens un peu moins mal...

  Mais ça repart dès que les enfants chéris passent sous mon nez, ils avaient le malheur de s'amuser les sagouins, et les devoirs leur rappelle-je d'un ton acerbe, on est pas en vacances pour s'amuser , didiou!

  L'après-midi se passe sous ce beau ciel orageux. C'est le moment où je dois éviter de faire certaines choses et où je vais m'arranger pour les faire quand même, réclamer un truc à une copine par exemple, un truc qui n'a aucune importance  au fond, mais comme c'est aujourd'hui ma fête, j'en profite pour me mettre minable avec elle et bafouiller lamentablement  ma demande en ayant l'impression d'avoir gravi l'Annapurna. Je pensais peut-être qu'on allait me féliciter pour cet exploit, ben plus piteuse que moi après ça, y a pas, ce qui me met encore plus en rogne contre moi-même et donc contre le reste du monde.

J'arrive même à m'engueuler avec un cheval , je crois que je pourrais m'engueuler avec une mouche pour peu qu'elle me coupe la route. Faut pas... Faut pas me croiser là.. C'est la sainte Chiante et c'est ma fête..

Alors? Y a une raison à tout ce déballage, me direz vous? Ma théorie , fumeuse, certainement j'en conviens, c'est que je n'y suis pour rien! c'est chic non?

J'hésite entre la lune, cette peau de vache, un déséquilibre hormonal passager, (ça nous arrive) , une pression atmosphérique qui nous ferait une petite déprime passagère.. Je cherche, je sais qu'il y a une raison , mais laquelle et surtout, surtout, comment je fais pour tourner le bouton en position OFF ???

Parce que demain, tout sera pareil, la mobylette sera toujours à moitié en panne, la mouche croisera mon chemin en pêtant, la redoute ne m'enverra toujours pas le cadeau pourtant promis en grosses lettres sur le colis.
   Mais demain, je serai différente, tout ira bien, je serai zen, je balancerai ma main un peu comme ça et pffft, tout me paraîtra si léger, tout me semblera si beau, je pourrai de nouveau contempler les taches de lumière à travers les nuages , la lente traversée un peu mécanique de la foulque à travers l'Aliso, Kelly m'obéira au doigt et à l'oeil et se laissera soigner son genou sans moufter, je saurai de nouveau comment faire, je saurai de nouveau trouver les bons messages pour m'adresser aux autres, je serai de nouveau intelligible, moins enmmerdante, (euhhh)

Demain...

Rédigé par Planeth

Publié dans #L'enfer c'est moi...

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laurence 12/04/2007 10:36

Alors celui là je l'avais pas lu, j'ai ri pdt tout le texte. J'adore qd tu racontes les drames de la vie ordinaire de cette façon là.On s'y croirait....

planeth 12/04/2007 07:37

Eryn 12/04/2007 00:21

LOL tu m'étonnes surtout vu mon gabarit le treillis va craquer les coutures !!!

Eryn 11/04/2007 18:43

j'm'y sens tout comme chez moi dans ta peau des mauvais jours (un peu dans celle des bons aussi, allez) :-))

Planeth 11/04/2007 19:09

ah c'est  pour ça que je me sens serrée là! ;0))

Loïs de Murphy 05/03/2007 13:00

Pétée de rire ! Bzzz !