Koikadi?

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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 16:24




          Voilà, ça devait arriver.. je suis revenue à mes rêves enfantins, ne pas avoir de voiture, rouler en carriole...


Je hais la bagnole.

La bagnole rend les gens  cons, agressifs, imbus, méprisants, électriques, impatients, hideux, orduriers, insupportables.

La voiture fait ressortir la pire part de nous-même.    Notre part obscure, notre part primitive agressive, violente, qui veut DOMINER  l'autre.


Dans le paysage, le trafic génère des incohérences brutales: confronter l'humain tendre de chair et fragile comme une fleur de mimosa à la carrosserie d'un anonyme transformé en tueur potentiel.
Le véhicule a tout les droits, il a un permis de tuer  sur tous les êtres vivants y compris ses congénères, y compris les plus petits, les plus jeunes, les plus fagiles, les plus vieux, les moins alertes, les moins méfiants...

Il y a des traces de sang sur toutes les routes du monde.


       Des jambes arrachées, des bras torturés, des têtes éclatées, fracassées, des entrailles se répandant sur le bitume, des membres disloqués.

Aucun film gore n'a le niveau de  l'ignoble réalité.

Je n'aime plus conduire.

         J'ai été une jeune conductrice enthousiaste, ma coccinelle rouge vif était l'instrument de ma liberté, j'ai roulé trop vite, j'ai roulé sans freins, j'ai roulé dans des voitures qui  n'auraient jamais dû rouler,  j'étais nerveuse, je doublais, j'étais revendicatrice, râleuse, gueularde..;comme les autres..

Puis j'ai eu des enfants, je doublais moins, je ne roulais plus comme si j'avais 100 vies,  je commençais à remarquer le comportement des autres conducteurs, j'ai commencé à avoir peur des autres.

      La révélation, ça a été de prendre le train.. tout simplement, le train, qui me laisse ma place de spectatrice, de contemplatrice du monde, des gens, des piétons qui arrivent tranquillement, qui papotent, qui écoutent de la musique, qui lisent, qui sont si sereins..

       Depuis je suis malade de la voiture, je la prends à regret, les "autres" sont des ennemis sur la route, mon prochain est un tueur en puissance.

        L'autre jour, une grosse berline sombre me suit , immatriculée dans le Gers, je suis sur la 4 voies avec ma petite auto, il y a toute la place voulue pour me   dépasser, mais la grosse bagnole me frôle à quelques centimètres ... je ne sais même pas le klaxonner, je suis tellement héberluée...
Cette haine gratuite? Ou bien cette inconscience? Ou bien cette maladresse? Qui aurait pu nous foutre tous les deux dans la glissière de sécurité?  J'y aurais peut-être perdu mes yeux, mes jambes, et lui  étripé par sa portière pliée ? 
C'est le grand écart de notre société ultra sécuritaire, bardée d'assurances, mais qui laisse  un jeu de la mort-qui-tue, à chaque seconde se dérouler sur le bitume.



Imaginez un instant un pays débarrassé de voitures?   Débarrassé de l'idée qu'il faut absolument aller vite sur un ruban de goudron?
Il y aurait des pistes, des véhicules silencieux et à  vitesse "naturelle" c'est à dire ne dépassant pas ce que l'esprit humain est capable de gérer  ,   allez soyons généreux, 60km/h, et c'est déjà pas mal.

Nos habitudes nous dirigeraient instinctivement vers des transports en commun, qui nous laisseraient libres  dans notre tête, libres d' échanger, de s'instruire, de rire...




Tiens tout à l'heure il y avait encore, gravés dans le bitume, les quelques restes d'un renard..  Je ne compte plus les chats...


Par Planeth - Publié dans : pensées dans le miroir - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
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