La rencontre

Publié le 11 Février 2013

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  On a 15 ans sur les deux petites photos carrées, pas très bonnes. Puis plus rien.

 Et tout à l'heure elle a poussé la porte, je ne l'attendais pas,  je lui ai dit: il me semble qu'on se connaît.

Bien-sûr qu'on se connaît, ça été ma meilleure amie de Gardes, des collines et des pierres blanches, des herbes sèches, des figues, des chèvres et de la minuscule école de Saint-Urcisse.

Mon amie du vélo sur la petite route mangée, des yeux remplis de larmes dans la descente vertigineuse de Granioulet, des osselets griffés sur le carrelage, du chien pas super causant ni aimable, là pour garder pas pour jouer, du frère en mobylette, qui peut fabriquer une maison avec ses mains, tout seul, et jouer aussi Villa Lobos..

des chèvres qui s'éparpillent dans la colline, et nous le cul dans les herbes piquantes et les cailloux .

Ma copine avec son caractère, têtue avec le sourire, pas qu'on lui marche sur les pieds;

Elle m'a redonné des noms,

Ce nom dont je n'avais gardé que le son : comme un bruit de coquillages qu'on frotte ensemble

Un autre nom: j'avais dans un coin une image de route, d'une cour, d'une chute à vélo, mais pas de personnages dans la scène, et là, avec le nom, j'ai vu ... du blond, pas de visages, puis, avec les prénoms, les visages sont apparus, ils étaient si proches.

On croit que c'est très loin, mais on a pas ouvert la bonne boite,

Mes souvenirs de Gardes sont précieux et concentrés comme une liqueur, dedans, il y a du toucher, des odeurs, des sons, et des saveurs, les images sont fabriquées de ça.

 

 Gardes, c'était notre parenthèse, notre année enchantée, loin des crises et de l'ambiance de plomb habituelle, on vivait au rythme fantasque de maman, une liberté rugueuse , dure et douce.

Rédigé par Planeth

Publié dans #Boîte à souvenirs

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