Les faux-monnayeurs.,

Publié le 1 Novembre 2012

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Je sais ce que je veux dire mais je ne sais pas comment l'exprimer..

Depuis combien de temps le loup a-t-il revêtu un costume cintré ?

Des micro détails dans ma vie quotidienne m'ont fait entrapercevoir dans les déchirures du vêtement le puissant  animal instinctif sous-jacent, recouvert d'une tenue correcte exigée.

Tant qu'on a pas vu entre les mailles du tissu, on peut croire à tout ce qu'on se raconte.  La puissance d'organisation, de justification de notre cerveau analytique est telle que chacun des millions de gestes que nous effectuons , chacun des millions de micro décisions ou grands principes de vie que nous appliquons , trouvent leur historique, leur assise, leur légitimité dans une apparente logique raisonnée.

 

C'est comme ces rêves que l'ont fait au moment où le réveil sonne, et qui prennent en compte apparemment à l'avance, cet évènement sonore qui pourtant ne survient qu'à la fin.

 

Alors est-ce un problème finalement? Puisqu'au fond , le tour est joué, l'argent sauvage est blanchi ..

C'est que le costume est parfois plus proche du film plastique ou de la cotte de maille ,tant le besoin de se faire rentrer dans la normalité est irrépréssible, et alors même que cette vision de la normalité que nous avons peut-être dévoyée, ou intensément carcérale. 

Pour tenter de m'en dégager  je me suis formulée une sorte de mantra: "l'anormalité est normale",   tant mon besoin de justifier chacune de mes actions/ pensées par la raison était puissant .

Autant je suis (je crois) tolérante avec l'"anormalité" présumée de mon prochain, autant je suis une vraie harpie dogmatique avec mon moi-même.

Le souffle est là. L'énergie vitale, l'inspiration, .. elles ne souffrent que de ne pas avoir le champ libre pour enfin poser des choses naturellement. Et les lire sans masque.

 

En fait c'est dans mon apprentissage du massage  que je touche du doigt (!) cette collision entre le geste instinctif et la petite case raisonnée dans laquelle on veut le faire rentrer. D'où le risque de le brouiller, de le rendre moins juste.

 

Quand à la peinture, la difficulté est la même à chaque fois que je commence une toile, dénouer brin à brin mon tricotage de pistes logiques, une apparente évidence paresseuse qui m'entrainerait, m'entraîne, à repasser par les mêmes chemins , en courcircuitant ce que les petites voix irraisonnées ont à me dire.

Que le voyage vers la perméabilité est lent .


Rédigé par Planeth

Publié dans #pensées dans le miroir

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