Marquer la trace..

Publié le 5 Janvier 2010


Bretagne, 1990Bretagne,1990

J'ai quelques indices sur ce que je serai cette année.. ça vient, .. j'émerge de mes flous apathiques..

Planter le talon en terre, ça je sais que je dois le faire (du coup je vais planter des bulbes aussi, tiens...)
m'enraciner , donc.
Avancer pas à pas, ne pas forcément laisser tomber de sa cape ce qui tombe quand on ne s'en occupe pas assez, garder, être patiente, être fidèle,  être persévérante dans ce qui est mon axe, ma colonne, mon bâti, laisser sans regrets ce qui m'évapore.
Mieux me connaître pour alléger le superflu, tailler les feuilles mortes. Ne pas écouter la voix d'une autre que je ne suis pas, une qu'on attend de moi, ne pas me mettre moi-même de laisse au cou... Ne pas me cacher sous un personnage parce que c'est plus facile.
 Je voulais retrouver celle que je voyais sur les photos d'enfance, je croyais que je ne serai jamais plus celle-là, que la vie m'avait leurrée, que je m'étais leurrée sur moi, qu'il fallait que je m'adapte, mais non, je suis cette personne là, elle attendait juste que je me décide.


oui je sais c'est un peu brumeux mon affaire, je tire ma pelote, désolée..

En papotant l'autre jour avec un de mes frères, j'ai trouvé ce qui faisait que je laissais des pans entiers de moi et des autres partir à vau-l'eau: j'avais tellement peur que ce soit imparfait.  
Rencontrer l'autre est forcément imparfait, les mots sont imparfaits, les attitudes sont imparfaites, il ne sert à rien d'essayer de plâtrer tout cela pour que ça" ait l'air".
La vie est imparfaite. C'est terriblement intéressant qu'elle soit ainsi.
 
J'aurais dû me douter qu'au fond j'aimais ces imperfections, puisqu'en peinture je ne supporte pas de faire l'exacte reproduction de ce que je vois, ma main veut le faire mais mon intention est tout autre, c'est au dérapage que je commence à vivre dans ma toile.
Et j'aurais dû m'en douter que j'aimais  l'imperfection puisque c'est de tout temps ce que je  cherche dans le visage de l'autre, dans son caractère.

Et moi qui voulais que tout file recta, sans accroc, quelle erreur d'aiguillage, j'aime le désordre et l'inexactitude, les failles et les accrocs, le burlesque, l'absurde, le rugueux.. mais parfois c'est si près de soi, l'évidence...


J'ai commencé l'année dernière à ne plus être tout à fait à l'heure, plus si parfaitement ponctuelle... pfiouuuu... il était temps.

Rédigé par Planeth

Publié dans #pensées dans le miroir

Commenter cet article

VanessaV 28/01/2010 21:10


S'enraciner, laisser tomber de sa cape... superbe ce cheminement, ce virage si ancré en toi.
Merci de nous offrir ta réflexion sur ce que tu es.


rejane 06/01/2010 11:23


je crois bien que c'est ce qu'on appelle être en harmonie...avec soi
réjane


Planeth 12/01/2010 13:16


J'y reviendrai sur le sujet, il me tanne, je crois que c'est une question.. d'angle de vue!


mab 06/01/2010 07:31


Planter les bulbes! Ici terre gelée!


Planeth 12/01/2010 13:17


SOS, ici aussi maintenant!
 les poissons me crient des choses à travers la glace: des polaires! un poele à bois, des chaussons!


Anita 05/01/2010 20:40


Ah! Tellement d'écho dans ce que tu dis.
Je souhaite une excellente, imparfaite et humaine année!


Planeth 12/01/2010 13:18



A toi de même , Anita, et de beaux voyages.... immobiles ou pas