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Publié le 6 Mars 2014

 

12avril-171.jpgBarcelone

 

 

 

Peut-être qu'on ressemble à des peintres,  à couvrir l'insondable avec une couche fine de couleurs et de traits

Le domaine non dit, non explicite, non formulable, non palpable est un océan, un univers, dans lequel nous baignons, et que nous feignons d'ignorer consciencieusement. 

 

      Malgré tout,  ce que nous faisons, ce que nous disons est sans arrêt en lien avec cet univers.

 

Or tout ce que nous désirons, c'est de pouvoir appliquer une explication rationnelle à tout,  

      Pas tellement pour nous, car chacun  peut-être, au fond, a bien conscience que le déroulé de sa vie obéit à des énergies et des flux invisibles. 

      Mais on ne supporte pas l'idée que l'autre ne puisse pas considérer nos agissements comme "normaux", explicables, rationnels

 

 

Quand je dis nous...  Je sais bien que beaucoup de gens sont persuadés d'agir libre et hors les conventions.

 

Et certains y arrivent sans doute.

 

Dans une relation, par exemple, quelle est la part de nous-même qui suit des croyances ?

Par croyances, je veux dire, ce que nous pensons être ce que l'autre désire de nous. 

Personne ne désire être avec un exemplaire de normalité.. pourtant c'est, je pense, ce que nous nous appliquons à présenter comme apparence, pensant que c'est ce qui sera le plus acceptable .

Mais les flux inconscients font comme des vagues sous ce masque. 

(Pardon pour ma façon pas très rationnelle et tortueuse et coqàl'ânesque de pousser mes raisonnements, ;) )

 

Au final, ce que je veux dire par là, c'est que la mer sur laquelle notre petit bateau personnel essaie de garder un cap réfléchi reprendra toujours le dessus, et soit le bateau flottera, soit il restera bloqué sur son ancre et finira par couler.

Et surtout, le cap que nous nous fixions est un pur fantasme qui obéit aux conventions incrustées dans nos chairs,  la mer sous nos pieds est un milliard de fois plus intéressante à écouter et à laisser s'expimer

 

Et cela pour en revenir à mon exemple au sein d'un relation:  il est bien plus intéressant, bouleversant, magnifique de voir l'autre laisser apparaitre ses vagues et du coup nous montrer toute sa complexité, ses nuances et ses profondeurs, que de supporter qu'il se cramponne à son bateau et à son ancre.

J'ai eu sous les yeux récemment un couple dont il m'a semblé qu'autant leurs deux masques raisonnables subissaient l'usure du temps, autant leurs mers cachées respectives auraient pu s'accorder  magnifiquement par l'ampleur de leurs nuances.

Mais chacun imagine peut-être qu'il doit pour "convenir"à l'autre,  gommer toute sa part sauvage et complexe.  

Le poison.

 

Pour notre malheur, et bien nous punir d'être vivants, la société s'est façonnée de telle façon que chacun de nos actes, chacune de nos pensées  sont étiquetables et donc qualifiables.  Mais vous savez bien ce qu'il en est des étiquettes, on les met sur un pot, puis le contenu change...  et beaucoup de choses dans l'univers ne sont pas qualifiables ou alors pas comme on aurait pu l'imaginer.

 

Bref on est à l'étroit dans nos définitions. 

Les définitions s'abattent autour de nous comme de petits couperets, arasant nos rameaux fantaisistes, nous sommes nos premiers censeurs.

C'est un peu comme si on imprimait un tableau immense de Zao Wu Ki sur un timbre poste.  

 

Pourtant, même sans mots, lorsqu'on s'éloigne un peu de notre vie, en montgolfière par exemple , on voit bien, de haut , que notre cheminemen suit des méandres avec une justesse qui nous a complètement échappée, la justesse donnée par la mer qui est sous notre bateau.  Cette mer qu'il ne sert à rien de vouloir aplanir.  

Même si nous ne comprenons pas parfois sur quelle voie nous naviguons,  le meilleur sextant est l'intuition.

 


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Publié le 7 Février 2014

 

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Voilà, j'aimerais les retrouver plus souvent

Je vais les retrouver plus souvent

Les instants poreux

 

Le reste, c'est le temps qui bouge comme une rivière pleine de tout ce qu'elle a charrié en descendant le cours, il est plus lourd, il est morcelé, il est plein de choses hétéroclites, mélangées, confuses, il roule comme un chariot, avec fracas, 

Du coup on en oublierait presque de faire attention aux minutes poreuses.

C'est les plus importantes, elles laissent du goût sur la langue, comme du sel, après une journée à la mer.

Elles laissent des flash dans les yeux, des images collées à la rétine, et ça s'accompgane d'une grande respiration.

 

C'est pour ça qu'on est là, c'est pour elles.

Et on y pense pas.

 

Y a pas de bonnes raisons pour qu'elle apparaissent ou non, ça tient du magique, 

c'est pas parce qu'on est de bonne humeur ou qu'on a rien raté, c'est pas pour un parce que.

Elles ont du goût pour garder pendant des jours et des jours.

 

Ça ne sert à rien que je décrive les miennes, même si c'est tentant, de parler de quand je suis passée sur le pont et que tout à coup de regarder juste l'eau et le ciel par dessus, c'était incroyablement réussi, et incroyablement joyeux, les larmes de nuages comme des peintures opaques sur le gazeux du ciel,

enfin, je ne vais pas essayer de mettre des mots, ça servirait à rien. Je ne suis pas Giono.

 

Ce qui me semble important , là tout de suite , c'est que maintenant je suis absolument sûre qu'il n'y a aucune raison à la survenue de ces petites flaques merveilleuses,  qu'on soit de mauvais poil la minute d'avant, qu'il pleuve, que les anicroches nous ralentissent, rien n'empêchera qu'une des ces splendides minutes ne survienne tout à coup, 

 

Et on en reste coit, c'est à peine si on y croit, d'ailleurs on en perd souvent des ces instants, parcequ'on y croit pas.. 

Quel gachis.

Parce qu'alors, y a un truc qui vous fait monter au dessus, dans la montgolfière, et respirer même n'a plus rien de difficile, on est écarquillé de se sentir aussi parfaitement bien.

 

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Publié le 26 Décembre 2013

 

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Ce qui me déroute un peu, ici, dans la ville, c'est la transformation du mot "fermer".

Je n'ai jamais rien fermé, on a jamais fermé, rarement le réflexe de tirer un portail, de mettre un tour de clé à la porte en sortant, voitures ouvertes, portes entrebaillées.

Sans doute qu'on ne s'est pas trouvé assez frotté à la réalité de l'entrant chenapan, qui kidnappe, dérobe, souille et effraie.  

Et même, même quand on s'est retrouvé comme deux ronds de flanc, parce que quelqu'un , une nuit avait déposé comme un oeuf de Pâques un cadeau de plastic dans notre pot de fleur, même ensuite, le jardin est resté accessible, les clés dans les tiroirs, et parfois même, le portefeuille sur le plat bord de la voiture...ouverte.

 

Ici, on entre par une grille, avec un code, puis dans un immeuble, avec une clé, puis dans un  appartement, avec une autre clé.  J'entends que les gens qui rentrent chez eux donnent un tour de verrou.  

Je ne sais pas si c'est de trouille, je ne pense pas du tout que ce soit ça, la source. 

 

Je pense que la vie dans un immeuble au milieu d'une ville est comme la vie d'une abeille dans une alvéole, comme la vie d'une souris dans un petit terrier, 

L'idée est d'être dans ce grand corps de ville, bruyant, parfois brutal, avec beaucoup de lumière, beaucoup de bruit, et tant d'histoires, et qu'on s'en retourne à chaque fois dans un petit espace tellement à nous, tellement personnel, tellement abrité, et pourtant, tout au coeur de la grande machine.

Cette idée là me plait, elle me plait même énormément, elle me concentre. Quand je suis dans cette alvéole, j'ai l'impression que tous mes neurones sont autour de moi, tout près, vibrants, connectés, pas éparpillés, et protégés par le fait que tout vit à l'extérieur, que tout est là, qu'il n'y a pas besoin d'égarer sa pensée , car les autres sont juste au dehors.

Je suis seule et avec tous à la fois, le bruissement autour, les bruits de voix des autres appartements, les autres vies, sont là comme un paysage .  

Quand j'étais petite, je ne pouvais pas m'enfermer dans ma chambre pour travailler, j'avais besoin de laisser ouvert pour entendre les bruits, je ne m'endormais jamais aussi bien qu'au milieu de tous, 

C'est ça. 

Il y a eu méprise, je me suis cru ermite, à travailler tout ce temps dans des lieux avec juste des bruits de vent, d'arbres, et j'ai cru aimer ça.  Mais j'aimais ça.  

Mais aussi je me sentais émiettée, distendue, transparente parfois.  


 La contre-partie est d'essayer d'attraper cette habitude d'écroueuse, trimballer ces trousseaux qui tintent, se tromper,

 je suis comme Alice, les clés sont des attrape-mystères.

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Publié le 24 Octobre 2013

 

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          Les êtres vivants sont porteurs d'une vibration énergétique. Celle-ci rayonne à l'extérieur de l'enveloppe physique,  elle rejoint le courant énergétique universel.

Celui-ci ne contient pas de notions de distances (ni de temps ?)  cela ne fonctionne pas comme des ondes physiques qui ont un rayon d'action limité.

Le rayonnement énergétique peut avoir une action à des milliers de kilomètres  du lieu d'où il émane.

      

       Les dictons populaires, certaines théories de développement personnel    font dire que  "si l'on veut, on peut",  ou "aide-toi, le ciel t'aidera", ou il faut "positiver", "si on veut vraiment quelque chose, il arrive". 

Cela met l'humain dans la position de réfléchir à ce qu'il veut et simplement cela, or pour ce faire il utilise sa raison, c'est à dire son mode de pensée conscient. 

        Mais ce mode ne fait qu'effleurer le monde énergétique , il n'a pas réellement d'action sur lui.

Dans la réalité , "vouloir" est même singulièrement contre-productif,  l'esprit se raidit, se contracte et  d'une façon complètement contraire à ce qu'on désirait, notre énergie se bloque à l'intérieur.  On s'expose ainsi plutôt à des mauvaises expériences qu'à des positives.

 

                Il n'en est pas moins vrai que cette sagesse populaire est fondée sur un état de clairvoyance inconscient. Ce bagage fait partie de cette nébuleuse qu'est l'inconscient collectif, nourrie de toutes les expériences passées universelles.


Effectivement, s'il émane de nous un rayonnement de polarité positive, dirigé vers un domaine particulier, ce domaine en sera affecté de façon également positive.

On peut prendre exemple sur le domaine professionnel. 

Plusieurs collègues et enseignant ont fait part du fait que les patients se manifestent lorsque l'on se sent soi-même prêt à les accueillir.

S'il se produit un évènement qui contrarie notre propre énergie, que nous ne sommes donc plus vraiment dans la position d'aider énergétiquement nos patients, ceux-ci ne prennent pas de rendez-vous. 

 

On peut se cabrer à cette idée et se dire: "mais pourtant je suis totalement prêt à recevoir mes patients". 

Mais d'ou vient cette certitude, est-ce simplement une construction raisonnée?  Ou est-ce une intime sensation, une complète acceptation ? 


Nous sommes habitués à donner beaucoup de poids à nos pensées, à notre réflexion, et très peu à nos ressentis et réactions inconscientes. 

Donc très logiquement, lorsque notre raison nous dit: "tu as un beau cabinet, ta blouse est parfaite, ton diplôme est flambant neuf, donc tu es prête à recevoir des patients", nous la croyons sur parole.

Mais cela ne se produit pas.  Il manque peut-être un ingrédient : la conviction  intime, qui émane de notre énergie interne.

Car si celle-ci est présente, le dégagement énergétique, le rayonnement qu'il produit vers l'extérieur de notre être va toucher les personnes qui sont en demande de soins .

Lorsque que cet ingrédient est présent, les patients téléphonent.

 

edit de 10h18: il m'est arrivé à contrario la chose suivante  plusieurs fois: un patient prend rendez-vous, et ne me dit rien sur sa problématique ou d'une façon très schématique.  Pendant l'heure précédant son arrivée, je vais compulser un secteur particulier de mtc, ou avoir en tête certains états mentaux, ou avoir une image de ce que dégage la personne, et  lorsque la personne arrive, soit elle ressemble à ce que je m'étais imaginée, soit la cause de sa venue corrobore ce que je viens de chercher dans mes livres, ou les images de syndrômes qui me sont venues...

 

Il en est de même dans le domaine de la séduction. (le terme recouvre tous les types d'interactions sociales , pensons au postulat de base instinctif de l'être vivant : "être le "préféré", c'est à dire, avoir la meilleure place pour survivre)

Bien des gens se font la réflexion  que ce ne sont pas, loin de là, les personnes qui paraissent le  plus attractives physiquement qui le sont dans la réalité. 

Le physique, la sensibilité, l'intelligence et même l'humour ne suffisent pas. 

Il existe un ingrédient nécessaire et indispensable, c'est le dégagement énergétique de la personne vers les autres, et sa complète acceptation de ce dégagement. 

D'où vient-il, ce mouvement? 

A chacun d'examiner ses fantômes, ses complexes, ses blocages. 

Il est certain que dans les relations en général,  il est nécessaire que le rayonnement ne soit en rien freiné par l'opinion que nous avons de nous-même et qui est bâtie sur un ensemble de fausses croyances.

Et c'est généralement là que ça se complique, car si nous sommes soumis à tout un tas de pensées contre-productives, nées de notre éducation, et des contraintes extérieures, injonctions négatives etc..,  il est très difficile de les chasser et de libérer les "voies". 

Nous ne pouvons littéralement pas agir par décision sur ce type de rayonnement négatif. 

Aucun raisonnement ne sera susceptible de modifier cet état interne.

De la même façon qu'il est absolument contre-productif de vouloir faire arrêter une personne de fumer par des arguments réfléchis.

Le rayonnement énergétique devrait être, en quelque sorte, ré-orienté positivement. 

 

        Notre  positionnement dans l'univers  doit trouver une place "juste".  Et ainsi seulement le dialogue aisé entre l'inconscient et le conscient va nous permettre de dégager de manière harmonieuse l'expression de notre énergie.

 


            D'autres exemples nous montrent que nous ne sommes pas les seuls à posséder ce rayonnement énergétique, tout être vivant le possède  ainsi que les éléments naturels .

L'avantage  qu'ils ont est de ne pas être encombrés par la raison. 


Il a été fait l'expérience suivante avec un chien: 

Une observation a permis de montrer qu'au moment où sont maître décide de quitter puis quitte réellement son travail, à quelque distance que ce soit, le chien manifeste une agitation joyeuse.

(http://www.rene-mettey.fr/pages/La_conscience_5_ces_animaux_qui_attendent_leurs_maitres_et_autres_capacites_animales_de_conscience-6258544.html)


On peut imaginer toute sorte d'instinct mais là il s'agit d'une réponse à une "intention". Ce qui tendrait à prouver que le chien a ressenti une émanation énergétique de son maître en direction de la maison.


On a souvent cité les cas d'animaux fidèles retrouvant à des centaines de kilomètres de là le chemin pour retrouver leur maître.

Aucun sens de l'orientation aussi puissant soit-il ne saurait expliquer ce phénomène,  il s'agit beaucoup plus probablement  d'une sensibilité élevée au rayonnement dégagé par le maître.

 


D'où l'idée que ce rayonnement ne faiblit pas avec la distance, ce qui rejoint la théorie suivant laquelle l'énergie est indépendante de la distance. 

 

On s'étonne parfois de voir des médiums travailler à distance, voire au téléphone et nous sommes nombreux à penser  à du charlatanisme.  Mais si l'on s'en réfère au type d'expérience citée plus haut, cette distance n'affecte pas le lien que le médium peut établir avec le patient soigné à distance ou sa recherche d'un être (humain ou animal) disparu.

 

           Le problème c'est que depuis que l'humain a développé sa raison, il est devenu en quelque sorte handicapé de l'inconscient,  privé de la plupart de ses instincts, sourds à la plupart de ses sens. 

Et donc il est devenu prisonnier de tout ce qui affecte son moi conscient.

Il faudrait ré-apprivoiser dans nos vies l'intuition, le geste dit "inconscient" , ré-activer l'écoute de nos ressentis. 

Ainsi on pourrait commencer à se mobiliser sur notre axe, retrouver une souplesse dans nos positionnements, car rien ne nous prive plus de nos sens que nos certitudes, nous nous retrouvons fixés au sol comme de gros blocs de granit. 

 

Pensons à être légers et sensibles au moindre souffle, pour être en accord avec le monde qui nous entoure.

 

Anne

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Publié le 20 Avril 2013

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En passant devant l'énorme butte de terre qui va longer la future route en écrasant la prairie , je me disais :

Il y a un temps où  passer devant cette chose qui surplombe tout le reste ne m'aurait pas permis de rester tranquille , là, sur le chemin.  Bien-sûr qu'il aurait fallu que je grimpe là-haut pour sentir.. pour sentir quoi, 

ben rien, l'espace, juste.

 

L'envie, au final est toujours là.  Et j'irai longer son sommet.

 

  J'allais dans les maisons en construction, il y en avait plein sur les coteaux de Jurançon à l'époque, des hautes maisons béarnaises avec des charpentes magnifiques, encore nues. 

Et le silence, juste le vent qui visitait comme moi la maison.

 

J'allais aussi dans des jardins, sans me faire voir. Il  y en avait qui surplombaient la plaine de Pau, c'était magnifique.

A la pause de midi, au lycée agricole, à Gelos, tout en haut d'un coteau, je filais à l'anglaise lire dans une maison en constuction à côté , à part, tranquille, je voyais un peu la cour, pas trop. Pas trop de bruits non plus.

Il y a une maison dans laquelle je n'ai jamais osé aller, elle était en face de la notre, sur un autre versant, encadrée de forêt sombre, grise et noire, sombre, fantomatique. 

Quand est-ce qu'on s'aperçoit que derrière nous il y a comme un immense prolongement, invisible .

Nous sommes des icebergs marchant. Traînant cette présence derrière nous sans l'ouvrir, sans vouloir la connaître.

Les apparences nous suffisent.

On est tout sur l'avant, les bras en avant , les mains ouvertes, pour prendre.

Et derrière nous , à foison, des richesses silencieuses.

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Publié le 23 Janvier 2013

 

 

C'est au moment où le temps est le plus intense, où la pluie se déverse en rideau, ou l'espace est clos par cette densité que l'envie de sortir est la plus forte,  comme si à cet instant , il n'avait plus personne autour de soi, collée au paysage trempé, détrempée,   

A cheval, il y a la promesse que le dos ruisselant de l'animal et notre propre assise seront indissociables, pour le coup nous ne ferons qu'un . 

Pourquoi est-ce que la pluie torrentielle a ce talent d'unir, d'intégrer, d'ingérer celui qui entre en son palais assourdissant.

 

Tenir en équilibre, c'est forcément être entre deux choses, l'avant et l'arrière, le passé et l'avenir, le désespoir et la joie furibonde, l'insouciance et la tension, il n'y a pas de repos,  et garder l'élan.

Ne pas s'arrêter pour contempler , quelque chose nous suspend, entre le haut et le bas, pas d'anticipation, pas de nostalgie,  comme  quand on apprend à faire du vélo, comme quand on s'abandonne à la pente neigeuse , comme quand on accepte le déroulé de la vie, sans dessiner à l'avance le prochain tableau

On est toujours surpris, alors, toujours en haleine, toujours attentif..

 

On pensait sans doute que ce n'était pas autorisé, cela,  rien ne nous y encourage,  toute injonction va dans le sens de l'échelonnement, de l'envisagement, de la mise en oeuvre, 

prévoir, il faudrait prévoir même jusqu'à son enterrement

Mais la vie est butée comme un âne, avec sa grosses tête bourrue contre notre dos. Et si l'on est né sage, pour de lointaines raisons, rien ne nous empêche d'avancer à reculons, nous défaisant de tout cet amidon, transformer le plat en pointe, comme les danseuses.

 

En équilibre..

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Publié le 13 Janvier 2013

 

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On est tout le temps différent,

je suis tout le temps différente,

pas seulement d'année en année, mais de mois en mois, d'heure en heure, d'instant à instant.

Difficile de s'en rendre compte, il faudrait se quitter pour se revenir, pour voir le changement. Toujours habité par soi-même, témoin sans repères.

Malgré tout, en échappant de plus en plus au contrôle que j'applique à mes ressentis , je finis par entendre les échos de ces multitudes , y prêter attention.

Je suis mille et une, comme tous. Comme les reflets, comme le jeu de la lumière ou des nuages. 

Le lecteur attentif le sait, au changement de la ligne des yeux, du nez, à l'assombrissement, à la fuite, à la présence, mais il ignore combien c'est le pâle reflet des bouleversements internes.

Obéissant servilement à l'idée que l'on se fait de soi, il est plus facile de nier ces basculements, de les mettre sur le compte d'influences extérieures.

 

Mais la réalité c'est que cela se fait  puissamment de l'intérieur, nul besoin d'impact externe, d'aiguillon, de plans. J'en reviens à mon idée du "sauvage", l'énergie interne, profonde, immémoriale, 

Pour moi, cela a la forme d'un loup. Mon loup intérieur. Il a une quête, il est sans repos, instinctif. Il est rêche et sans éducation. Vierge.

Il me fait voir les choses avec sa clarté, et accepter de n 'être jamais statique.

Il est sans cesse bondissant et trottant, et je suis sans cesse surprise et captivée par ce qu'il m'offre .

 Rompant mes schémas, rongeant cela, grâce à lui , à chaque seconde je peux me dire:

et maintenant qui vais-je être?

que va-t-il se passer?

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Publié le 1 Novembre 2012

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Je sais ce que je veux dire mais je ne sais pas comment l'exprimer..

Depuis combien de temps le loup a-t-il revêtu un costume cintré ?

Des micro détails dans ma vie quotidienne m'ont fait entrapercevoir dans les déchirures du vêtement le puissant  animal instinctif sous-jacent, recouvert d'une tenue correcte exigée.

Tant qu'on a pas vu entre les mailles du tissu, on peut croire à tout ce qu'on se raconte.  La puissance d'organisation, de justification de notre cerveau analytique est telle que chacun des millions de gestes que nous effectuons , chacun des millions de micro décisions ou grands principes de vie que nous appliquons , trouvent leur historique, leur assise, leur légitimité dans une apparente logique raisonnée.

 

C'est comme ces rêves que l'ont fait au moment où le réveil sonne, et qui prennent en compte apparemment à l'avance, cet évènement sonore qui pourtant ne survient qu'à la fin.

 

Alors est-ce un problème finalement? Puisqu'au fond , le tour est joué, l'argent sauvage est blanchi ..

C'est que le costume est parfois plus proche du film plastique ou de la cotte de maille ,tant le besoin de se faire rentrer dans la normalité est irrépréssible, et alors même que cette vision de la normalité que nous avons peut-être dévoyée, ou intensément carcérale. 

Pour tenter de m'en dégager  je me suis formulée une sorte de mantra: "l'anormalité est normale",   tant mon besoin de justifier chacune de mes actions/ pensées par la raison était puissant .

Autant je suis (je crois) tolérante avec l'"anormalité" présumée de mon prochain, autant je suis une vraie harpie dogmatique avec mon moi-même.

Le souffle est là. L'énergie vitale, l'inspiration, .. elles ne souffrent que de ne pas avoir le champ libre pour enfin poser des choses naturellement. Et les lire sans masque.

 

En fait c'est dans mon apprentissage du massage  que je touche du doigt (!) cette collision entre le geste instinctif et la petite case raisonnée dans laquelle on veut le faire rentrer. D'où le risque de le brouiller, de le rendre moins juste.

 

Quand à la peinture, la difficulté est la même à chaque fois que je commence une toile, dénouer brin à brin mon tricotage de pistes logiques, une apparente évidence paresseuse qui m'entrainerait, m'entraîne, à repasser par les mêmes chemins , en courcircuitant ce que les petites voix irraisonnées ont à me dire.

Que le voyage vers la perméabilité est lent .


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Publié le 14 Mars 2012

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        Dans cette période où je tente de garder en mémoire les sensations de mes doigts sur les pouls, de mettre des mots sur ces sensations, de les classer de les ranger quelque part en moi-même, je me rends compte qu'au fait, le toucher est rarement consciemment mis à contribution dans le registre des souvenirs.

 

C'est pour cela que j'ai autant de défiance quand à la capacité de mes neurones à garder l'information sensitive. Je ferais mieux de laisser faire.

 

Je me souviens parfaitement de ce qu'on ressent au toucher de l'entrenaseaux d'un cheval, ce petit velours soyeux , légèrement plissé - tendre .

 

Je me souviens aussi distinctement que possible de la sensation de mes doigts glissants sur des rênes devenues incontrolables, poisseuses de pluie et de sueur,  au milieu d'un parcours d'obstacles, en 87.

 

Et quand on pose ses mains sur ces bouquets d'herbes qui semblent très douces au regard, en montagne, mais qui se révèlent bien plus agressives que prévu.

 

La sensation des pierres sèches, recouvertes de lichen ou de mousses ,

 

La peau des bras de ma grand-mère, froide, douce, molle, et si légèrement fripée.

 

la peau des arbres,

 

Le gluant des poissons

 

Plonger ses doigts dans le sable..

 

Vous voyez, vous les connaissez aussi très bien, ces sensations, on a pas eu besoin d'y réfléchir, elles nous ont marqués à tout jamais, même parfois quand on ne les a ressenties qu'une seul fois.

 

Alors pourquoi s'en faire, bien-sûr que je vais m'en souvenir , du pouls de J, ou de celui de B, , de cette caractéristique si délicate, de ce rythme si particulier, de ce petit roulé sous la peau, de cette petite vibration comme un crissment de sauterelle, ma raison n'a rien à faire dans l'histoire, le petit pot bien fermé qui la contient reviendra me livrer son  contenu dès qu'il se présentera une sensation voisine, j'en suis sûre.

 

Je vais peut-être m'amuser à retrouver des sensations très anciennes, qui sait jusqu'à quel âge je pourrai remonter?

 

Et les odeurs, hein? Ahhh les odeurs....la madeleine de Proust à côté c'est de la gnognotte, l'odeur agit sur nous comme un électrochoc de sensations groupées, une humeur, un sentiment, une ambiance , un fragment d'âme..

 

Bref, c'est de riches boites à trésors tout ça, on devrait les ouvrir plus souvent...

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Publié le 5 Janvier 2012

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      Y a un truc qui a changé, ou qui s'est mis à changer,  pendant que les années s'entassaient sous mes pieds :

Je me suis mise à aimer la musique classique.

 

D'abord elle s'est invitée dans l'auto, j'ai trouvé ça plus cool , moins "griffant".

 

Puis dans mon casque, dans ma radio, dans ma tête

 

pourtant je l'ai presque haïe.

 

Entendre jour après jour les même disques , quand on a 7 ou 8 ans, l'ouverture de Tannhauser, 157000 fois, Casse-noisettes, 128000 fois... j'exagère

 

Maman jouait du piano, une fois séparée de mon père, du Chopin, Shubert, Brahms, des romantiques..

 

Peut-être que parfois j'en ai eu la nausée , de les entendre. 

 

Tout ce qui était ancien me faisait peur, m'ennuyait, me gênait comme un truc lourd et bourratif qu'on arrive pas à digérer.

 

 

Cet après-midi, en entendant du Haydn , je crois, sur France Inter..  j'étais en train de conduire, un engin moderne, un truc à l'essence, et en même temps j'y étais:

Y avait les attelages, les chevaux, je voyais les harnais, les gens , ces gens si anciens, et je n'ai plus vu la différence, d'avec moi.

 

Ces derniers jours-ci, on était vers là-haut, vers la Loire, et j'avais l'impression de vivre en simultané avec ceux d'avant, avec les châteaux, avec les cavaliers, les dames, les histoires d'avant. Elles étaient là, dans chaque parcelle, dans chaque maison,  la campagne  portait les deux époques. 

C'est comme si j'avais plongé mes pieds dans la terre, si profond que les échos des siècles passés me remontaient dans la tête.

 

Du coup je comprends mieux pourquoi la musique ancienne , non seulement elle ne me gêne plus, mais elle m'attire. Je m'y reconnais, je suis un morceau de cette civilisation, et mes cellules s'en souviennent.

 

Si c'est ça vieillir, ... ben je prends le tout.  J'aime .

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